Le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, André Mbata, a réaffirmé son opposition à l’initiative de dialogue national portée par les Églises catholique et protestante en République démocratique du Congo. Dans une déclaration accordée au média Jeune Afrique, le député national estime que la convocation d’un dialogue politique relève exclusivement de la prérogative du chef de l’État.
« C’est au président de la République de convoquer un dialogue, pas à une confession religieuse », a déclaré André Mbata, faisant référence à l’initiative de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) visant à promouvoir un pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble.
Et de poursuivre
« Il y a beaucoup de choses à dire sur les confessions religieuses. L’État est laïque ! On ne voit pas l’archevêque de Paris dicter des règles à l’État. Vous avez la conférence épiscopale de France avec plusieurs cardinaux. Chez nous, il n’y a qu’un seul cardinal qui se fait passer parfois pour un primat. Nous avons beaucoup de respect pour l’Église catholique mais les évêques ne sont pas l’Église. »
Pour le cadre de la majorité présidentielle, toute démarche de concertation nationale doit être initiée et encadrée par le président de la République, Félix Tshisekedi, garant des institutions du pays.
Il estime que la proposition des responsables religieux risque de créer une confusion sur les mécanismes institutionnels de gestion des crises politiques.
L’initiative de la CENCO et de l’ECC dans un contexte marqué par les tensions politiques et la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC; les deux confessions religieuses avaient multiplié l’année dernière des consultations avec des acteurs politiques et sociaux afin de promouvoir un dialogue inclusif pour la paix et la cohésion nationale.
Les propos d’André Mbata relancent ainsi le débat au sein de la classe politique congolaise sur le rôle que peuvent jouer les confessions religieuses dans la facilitation d’un dialogue national. Plusieurs acteurs de l’opposition et de la société civile soutiennent cette démarche, tandis que certains responsables de la majorité insistent sur la primauté des institutions de l’État dans l’organisation d’éventuelles concertations politiques.
En outre, Le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, André Mbata, a affirmé que le président de la République, Félix Tshisekedi, et l’opposant Martin Fayulu poursuivent aujourd’hui un objectif commun dans la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
« Avec Martin Fayulu, nous menons la même bataille contre l’ancien régime de Joseph Kabila. Vous l’avez vu : Martin Fayulu a été reçu par son frère, Félix Tshisekedi et ça se passe bien, ils se parlent, ils échangent (…) Et il n’y a pas plus grand opposant que tous ces gens qui sont au pays. »
Rufus Lukanga
