Un scandale d’une rare gravité secoue l’Hôpital général de référence de Kinkole et, au-delà, toute la ville de Kinshasa et le pays tout entier.
Actuellement placé en détention et en cours d’audition par les autorités sanitaires de Kinshasa, Dr David Balanganayi fait l’objet d’une procédure de radiation, tandis que son dossier a été transmis à la hiérarchie compétente.
Le médecin Dr David Balanganayi est accusé d’avoir exercé des violences physiques et verbales sur une femme en situation de grande vulnérabilité, juste après son accouchement.
Selon des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux et corroborées par plusieurs témoignages, la patiente, souffrant de douleurs liées à une déchirure post-accouchement, aurait été insultée, frappée et exposée à une humiliation extrême.
Plus choquant encore, le praticien aurait exigé que la scène soit filmée, en violation flagrante des règles éthiques et du respect de la vie privée des patients.
Une scène qui choque l’opinion
La diffusion de ces images a suscité une vague d’indignation à travers le pays. Sur les réseaux sociaux, la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi a fermement condamné des actes « portant atteinte à la dignité humaine et aux droits fondamentaux d’une femme en situation de vulnérabilité ».
Elle a appelé les autorités judiciaires, sanitaires et de défense des droits humains à faire toute la lumière sur cette affaire, à assurer une prise en charge adéquate de la victime et à garantir que justice soit rendue.
Réaction rapide des autorités
Face à la pression de l’opinion publique, les autorités tant provinciales que nationales ont rapidement réagi ce jeudi 26 mars 2026. Le ministère provincial de la Santé de Kinshasa avait directement instruit l’ouverture d’une procédure disciplinaire à l’encontre du médecin mis en cause.
Le gouvernement central monte au créneau
Dans une déclaration officielle, la Première ministre Judith Suminwa a qualifié ces faits de « profondément choquants et totalement inacceptables ». Elle a rappelé qu’aucune circonstance ne saurait justifier de tels actes, en particulier dans un établissement censé garantir la sécurité et la dignité des patients.
Elle a également instruit les ministres concernés de :renforcer les mécanismes de protection des patientes ;garantir le respect des droits fondamentaux dans toutes les structures de santé ;veiller à ce que justice soit rendue de manière exemplaire.
Une tolérance zéro annoncée
De son côté, le ministre national de la Santé, Roger Kamba, a adopté un ton ferme, affirmant que le médecin incriminé ne devrait « plus jamais exercer la médecine en RDC ». Il a dénoncé une accumulation de fautes déontologiques, notamment le fait de filmer une patiente nue et de diffuser les images, ce qui constitue une violation grave des droits humains et des règles médicales.
Une affaire révélatrice
Au-delà de ce cas individuel, cette affaire relance le débat sur les conditions de prise en charge dans les structures de santé en République démocratique du Congo, ainsi que sur le respect des droits et de la dignité des patients. Elle met en lumière la nécessité urgente de réformes et de contrôles plus stricts pour prévenir de tels abus à l’avenir.
Rufus Lukanga
