Entre mot d’ordre de l’opposition et appel au travail du pouvoir, quel choix pour les kinois ce mercredi 3 juin 2026 ?
À l’appel de l’opposition congolaise, une journée « ville morte » est prévue ce mercredi 3 juin à Kinshasa pour protester contre le projet de révision de la Constitution. Face à cette initiative, les autorités appellent la population à poursuivre normalement ses activités.
Entre pression politique et impératifs de survie économique, de nombreux Kinois hésitent sur l’attitude à adopter.
Depuis plusieurs semaines, un véritable bras de fer politique et médiatique oppose l’opposition au pouvoir autour de la question du changement de la Constitution.
Les adversaires du président Félix Tshisekedi misent sur une forte mobilisation populaire afin d’exprimer leur rejet de toute modification de la loi fondamentale. L’opération devrait se traduire par une réduction des activités économiques, la fermeture de commerces et une diminution des transports en commun.
De son côté, le pouvoir appelle les habitants de la capitale à vaquer librement à leurs occupations et à ne pas céder à ce mot d’ordre. L’objectif affiché est de maintenir le fonctionnement normal de la ville, de limiter les pertes économiques et de prévenir d’éventuels débordements.
À la veille de cette journée jugée importante par l’opposition, l’un de ses principaux leaders, Martin Fayulu, a été aperçu dans les rues de Kinshasa lors d’une séance de sport, salué au passage par plusieurs habitants.
Dans un message adressé à la population, Moïse Katumbi a également renouvelé ses critiques contre le pouvoir en place. Le président d’Ensemble pour la République a notamment évoqué la persistance de l’insécurité dans l’est du pays, estimant que cette situation justifie la mobilisation citoyenne.
Face à cette confrontation politique, les habitants de Kinshasa se retrouvent partagés entre leur engagement politique et les exigences du quotidien.
Par ailleurs, le vice-Premier ministre et ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a averti, à travers une note circulaire, que des sanctions pourraient être prises à l’encontre des agents et cadres de l’administration publique qui s’absenteraient de leur poste le 3 juin sans justification valable.
Dans le même esprit, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a invité la population à poursuivre normalement ses activités. Opposé à l’initiative de l’opposition, il a également mis en garde contre toute tentative de trouble à l’ordre public.
Si les autorités assurent que toutes les dispositions sont prises pour préserver la sécurité, certains observateurs redoutent néanmoins des incidents isolés, notamment des barricades, des pneus brûlés ou des affrontements entre militants de camps politiques opposés.
Au-delà de cette journée, une question demeure dans l’opinion publique : les opérations « ville morte » constituent-elles encore un moyen efficace de pression politique en 2026 ou représentent-elles davantage un fardeau pour une population déjà confrontée à de nombreuses difficultés socio-économiques ?
Tandis que l’opposition mise sur la mobilisation populaire, le pouvoir, lui, parie sur la résilience et la continuité des activités.
Nathan Diamwete
