Des membres du Congrès américain interpellent l’administration de Donald Trump sur les négociations engagées avec la République démocratique du Congo autour d’un accord sur les minerais critiques. Dans une lettre adressée au président américain et au secrétaire d’État Marco Rubio, ils dénoncent un manque de consultation du Congrès et de transparence publique.
Il s’agit de Linda T. Sánchez (D-Californie), membre de rang du sous-comité du commerce de la commission des voies et moyens, et 51 de ses collègues démocrates.
Ces parlementaires américains se disent particulièrement préoccupés par les conditions sécuritaires, sociales, environnementales et de travail qui entourent l’exploitation minière en RDC. Ils estiment qu’un éventuel accord ne peut être conclu sans tenir compte des conséquences de l’exploitation des ressources minières sur les populations locales.
Dans leur correspondance, les élus évoquent notamment le travail des enfants, le travail forcé ainsi que les violations des droits des travailleurs dans les zones minières. Ils avancent également des chiffres faisant état de plusieurs millions de personnes déplacées, de milliers de civils tués et de nombreuses victimes de violences sexuelles dans les zones concernées par les activités minières.
Le cobalt figure parmi les principales préoccupations des signataires. Selon les chiffres cités dans la lettre, environ 350 000 personnes travaillent dans l’exploitation du cobalt en RDC, dont des dizaines de milliers dans des conditions jugées dangereuses.
Les parlementaires évoquent également la présence d’enfants, parfois très jeunes, dans certaines activités minières.Des inquiétudes environnementalesLes élus américains alertent également sur les conséquences environnementales de l’exploitation minière.
Ils dénoncent la pollution des sols et des eaux ainsi que l’exposition des populations à des substances toxiques à proximité de certaines exploitations artisanales.
Pour eux, ces pratiques peuvent affecter l’agriculture, la santé publique et les perspectives de développement des communautés locales. Ils estiment ainsi que l’accès aux minerais stratégiques nécessaires à l’économie mondiale ne doit pas se faire au détriment des populations congolaises et de leur environnement.
Le dossier Rubaya au centre des préoccupations
Les parlementaires soulèvent par ailleurs la question d’un possible conflit d’intérêts dans les négociations. Ils citent des informations de presse selon lesquelles Gentry Beach, présenté comme un proche collaborateur politique de Donald Trump, serait associé à un consortium intéressé par les droits d’exploitation de la mine de coltan de Rubaya, dans l’est de la RDC.
Rubaya est considérée comme une zone stratégique pour le coltan et se trouve au cœur des enjeux liés au financement des groupes armés et au trafic de minerais dans l’est congolais. Les élus américains demandent donc des éclaircissements sur cette situation.
Le Congrès réclame un processus participatif
Face à ces préoccupations, les signataires appellent l’administration Trump à instaurer un processus transparent et participatif dans les discussions avec Kinshasa. Ils souhaitent notamment que le Congrès soit régulièrement informé de l’évolution des négociations et que les communautés affectées par l’exploitation minière et les conflits puissent également faire entendre leur voix.
Les parlementaires demandent enfin une séance d’information avant toute visite à Washington d’une délégation officielle congolaise consacrée à cet éventuel accord sur les minerais critiques.
