C’est un communiqué conjoint au titre provocateur :« NON À LA SOUS-TRAITANCE MIGRATOIRE : LE GOUVERNEMENT CONGOLAIS N’A NI LE MANDAT NI LES MOYENS D’ACCUEILLIR LES DÉPORTÉS DE L’ADMINISTRATION AMÉRICAINE. »
Il est signé par une dizaine d’organisations de la société civile et quelques personnalités. Elles disent s’opposer à la décision annoncée par le ministère de la Communication et des Médias, portant sur l’accueil, sur le sol congolais, de ressortissants de pays tiers expulsés dans le cadre des politiques migratoires des États-Unis.
Pour elles, cet accord est inacceptable, en ce qu’il aurait été obtenu illégitimement en dehors du cadre constitutionnel, lequel prévoit la ratification par l’institution parlementaire de tout accord international engageant le territoire national.
Ces organisations estiment également que cet accord ne prévoit aucun dispositif réel de garanties de protection. La RDC accueille déjà plus de 7 millions de déplacés internes, ses propres citoyens auxquels elle ne parvient pas à garantir une protection physique et judiciaire.
Dès lors, sur quelle base le gouvernement pourrait-il assurer la protection de ressortissants étrangers transférés de force depuis les États-Unis, sans lien avec la RDC ?
Les organisations dénoncent en outre un accord qui, selon elles, trahit les valeurs de solidarité, mais constitue aussi une capitulation souveraine créant un précédent dangereux.Les signataires exigent enfin la publication immédiate et intégrale du texte de l’accord, avec toutes ses clauses, y compris les contreparties accordées à la partie américaine.
Parmi les organisations et personnes signataires, figurent : FILIMBI, MOUVEMENT MBANZA KONGO, RODHECIC, MOUVEMENT CITOYEN EXPRIMONS-NOUS, ASBL ANOGRA, SYNERGIE BILENGE, LES DECIDEURS, NURU AFRIKA, RES-PUBLICA, LES INDIGNÉS, CAYP, AJPC, CIDDH-RDC, COLLECTIF DIYI DIA KASAÏ, CONGOLAIS DEBOUT, SYNDICAT DES CHÔMEURS, MOUVEMENT CITOYEN DU 24 MARS-RDC, ECCHA, KUTCH LINDJANDJA, BENJAMIN BABUNGA, JESSÉ NUMBI KABEYA, JEAN LOMALISA, HUBERT MASOMEKO, NICO FAY, JEAN PAUL MUALABA, NOUVELLE SOCIÉTÉ CONGOLAISE et JEAN PIERRE MUTUMAMBILA.



Gaetan Kubaburhanzi
