Un nouveau rapport du Baromètre des Accords de Paix en Afrique, publié en mars 2026, dresse un état des lieux contrasté de la mise en œuvre de l’accord de paix signé le 27 juin 2025 entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Neuf mois après sa signature, les progrès restent globalement limités, malgré une légère amélioration observée au cours du mois de mars.
Une progression encore insuffisante
Selon ce rapport d’évaluation, le niveau global d’exécution de l’accord est passé de 23,3 % fin février à 27,5 % fin mars 2026, soit une progression de 4,2 points. Une évolution jugée modeste au regard des attentes, mais qui traduit néanmoins le début d’application de certaines mesures clés.
Parmi les avancées notables figure le lancement des opérations de neutralisation des FDLR par les autorités congolaises, considérées comme un pilier du dispositif sécuritaire prévu dans l’accord. Toutefois, ces efforts restent fragilisés par la persistance d’une situation humanitaire préoccupante dans les zones affectées.
Des signaux positifs, mais fragiles
Le rapport met en avant plusieurs éléments encourageants observés durant la période du 1er au 31 mars 2026. Il s’agit notamment de l’annonce du début des opérations militaires contre les FDLR, de la réinsertion au Rwanda de plus de 200 ex-combattants, ainsi que du retrait partiel des rebelles de l’AFC/M23 de certaines localités du Nord-Kivu.
Des rencontres diplomatiques organisées à Washington à la mi-mars entre les parties prenantes ont également permis d’identifier des mesures concrètes pour accélérer la mise en œuvre de l’accord. Dans le même temps, des sanctions ciblées imposées par les États-Unis contre des responsables rwandais visent à accentuer la pression internationale.
Des défis majeurs persistants
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles continuent de freiner la dynamique de paix. Le rapport souligne notamment la poursuite des hostilités entre les forces congolaises et les rebelles de l’AFC/M23, avec un recours croissant à des technologies militaires telles que les drones offensifs.
Par ailleurs, la trêve encadrée par le mécanisme conjoint de vérification élargi reste fragile, tandis que l’accès humanitaire demeure insuffisant dans plusieurs zones touchées par les conflits.
Le document insiste également sur le manque de transparence concernant certaines initiatives, notamment le retrait effectif des forces étrangères et les modalités précises des opérations de désarmement.
Une coordination internationale encore perfectible
Les experts pointent également un ralentissement dans les mécanismes de suivi, notamment l’absence de réunions récentes du comité conjoint chargé de superviser l’accord. De plus, les initiatives diplomatiques régionales, sous l’égide de l’Union africaine et de ses facilitateurs, peinent à produire des résultats visibles à ce stade.
Une paix encore incertaine
En dépit de quelques avancées, le rapport du Baromètre des Accords de Paix en Afrique met en évidence une mise en œuvre encore fragile et incomplète de l’accord de Washington. Entre progrès timides et défis persistants, la consolidation de la paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda reste un processus complexe, nécessitant des efforts soutenus tant sur le plan militaire que diplomatique.



Rufus Lukanga
