Tous les regards sont tournés ce mercredi 27 août 2025 vers la cour de cassation à Kinshasa, en attente du verdict dû au procès opposant Constant Mutamba, ancien ministre de la justice et le ministère public.

Constant Mutamba est poursuivi pour tentative de détournement de 19 millions USD, initialement destinés à la construction d’une prison moderne à Kisangani.
La dernière audience était riche en émotion par la plaidoirie des avocats de la défense, le mot du prévenu et principalement le réquisitoire du ministère public à une peine de 10 ans de travaux forcés, assortie de 10 ans d’inéligibilité après exécution de la peine, ainsi que la privation du droit à la libération conditionnelle et l’exclusion définitive des fonctions publiques.
Bien avant ce jour cucrial, le prévenu avait initié devant son domicile des nuits blanches avec ses partisans et autres personnes venues le soutenir, politicien, musicien, comédie et autres, clamant ainsi son innocence et demandant son acquittement.
Dans un communiqué datant du 26 août 2025, le parquet de grande instance de Kinshasa Gombe a instruit la police nationale congolaise « d’identifier et d’arrêter les auteurs de messages jugés offensants et menaçants contre les magistrats » ainsi que l’interpellation, en tout lieu, par les services de sécurité, « de toute personne qui arborerait des effigies du prévenu Constant Mutamba ou proclamerait des slogans en son honneur »

Constat ce matin, des mesures de sécurité exceptionnelles érigées devant et aux alentours de la cour de cassation pour empêcher toute démonstration de soutien visible à l’ancien ministre, qu’il s’agisse de slogans ou d’effigies ; interpeller les contrevenants et protéger les bâtiments judiciaires. Il est question de garantir la sérénité des audiences et la sécurité des magistrats.
En face, les partisans de Mutamba se mobilisent, nombreux annoncent leur présence « en masse » devant la haute juridiction pour exprimer leur solidarité. Certains dénoncent déjà ce qu’ils qualifient de « procès politique », tandis que d’autres plaident pour une justice impartiale et indépendante.
Rufus Lukanga
