La disparition de Karine Buisset a immédiatement provoqué une onde de choc dans les milieux humanitaires et diplomatiques.Dans un communiqué, UNICEF s’est dit profondément bouleversé par la perte de sa collaboratrice, engagée auprès des populations vulnérables, notamment les enfants affectés par le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
Même émotion du côté de Organisation des Nations unies, qui rappelle que la protection des travailleurs humanitaires est une obligation du droit international, même dans les zones de guerre.La réaction est également venue au plus haut niveau en France.
Sur le réseau social X, le président Emmanuel Macron a exprimé l’émotion de la nation française après la mort de l’humanitaire Karine Buisset, appelant à faire toute la lumière sur les circonstances de cette tragédie.
En Belgique, la réaction est venue du ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, qui a condamné la mort d’une travailleuse humanitaire et insisté sur la nécessité de protéger les civils ainsi que le personnel humanitaire dans les zones de conflit.
Mais sur le terrain militaire et politique, les responsabilités restent encore floues. La rébellion du Mouvement du 23 mars accuse les forces gouvernementales congolaises d’être à l’origine de l’attaque de drones ayant frappé Goma.Une version un peu difficile à avaler quand on sait qu’il y a quelques semaines, la rébellion se vantait d’avoir anéanti la nuisance des FARDC en détruisant tous ses drones à Kisangani.
Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée du côté du gouvernement de la République démocratique du Congo. Même si quelques soutiens du pouvoir dans les médias n’ont pas caché leur satisfaction comme il y a une semaine quand Willy Ngoma perdait la vie dans des circonstances similaires avant de rebrousser rapidement chemin en apprenant qui était la victime cette fois-ci.
Dans ce contexte, plusieurs interrogations émergent : s’agit-il d’une erreur de frappe, d’un dommage collatéral ou d’un nouvel épisode dans l’escalade militaire qui secoue l’est du pays ?
Une chose est certaine : la mort de Karine Buisset pourrait désormais donner une dimension diplomatique supplémentaire à une crise sécuritaire déjà sous haute tension.
Christopher Otshokum
