Dans quelques heures, le président de la république Félix TSHISEKEDI rencontrera son homologue du Rwanda, Paul KAGAME sous les auspices du président américain Donald TRUMP. Les deux délégations sont déjà sur place pour signer un accord de paix, déjà paraphé il y a quelques mois par les deux ministres des affaires étrangères. Les priorités de part et d’autre, c’est le retrait effectif de toutes les troupes rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des génocidaires FDLR.
Le bruit du couloir a été formellement confirmé le 1er décembre, lors de la publication de l’agenda du président américain par la maison blanche. Donald TRUMP, à la base d’une propagande pour le retour de la paix dans le monde entier, a également fait de la question du conflit entre la RDC et le Rwanda son sujet favori dans plus d’une sortie médiatique.
Le 27 juin 2025, c’est bien lui qui posait fièrement aux cotés des ministres des affaires étrangères de la RDC et du Rwanda au moment de la signature officielle de l’accord de paix à Washington, en présence de Marco RUBIO, le secrétaire d’État américain. Ce que Félix TSHISEKEDI a salué ensuite le 30 juin comme un pas important dans la bonne direction, s’est révélé finalement être une opération stérile sur terrain.
Contrairement à ce que prévoyait l’accord, plus de 90 jours après, il n’y a eu ni retrait des troupes rwandaises, ni désarmement des groupes non-étatiques et la situation humanitaire des déplacés de guerre demeure très alarmante.
Entretemps, les deux chefs d’États se sont rencontrés plus d’une fois dans des forums internationaux, tout en maintenant la méfiance entamée ces dernières années. L’épisode le plus marquant fut sans doute à Berlin où Félix TSHISEKEDI s’est affiché comme le plus prompt à sacrifier son égo pour le retour de la paix dans la région des grands lacs en tendant la main à Paul KAGAME pour une paix des braves qu’il a rejeté, sous-entendant que son homologue ne respectait aucun accord et n’avait pas de parole crédible.
A Washington, la cérémonie devrait se dérouler en deux temps avec des rencontres de 10 minutes entre Trump et les deux chefs d’États séparément : Kagame puis Tshisekedi, avant de les réunir 20 minutes plus tard tous ensemble avec les ministres des affaires étrangères qui connaissent déjà bien le cadre.
Les délégations se rendront à l’institut de paix aux États-Unis pour parapher plusieurs documents en présence des témoins, chefs d’États kenyan, angolais et burundais qui ont déjà confirmé leur présence.
Le document à signer c’est celui qui résume l’accord de paix du 27 juin mais aussi du cadre économique d’intégration régionale paraphé le 7 novembre.
Donald TRUMP ne court pas que derrière un prix Nobel de la paix, le président américain voudrait également sécuriser la chaine d’approvisionnement de son pays en minerais stratégiques dans la sous-région, misant à la fois sur le secteur extractif congolais et les infrastructures rwandaises de raffinage.
Félix TSHISEKEDI n’est pas contre que les minerais de la RDC puissent servir à son développement, à la prospérité de son peuple et du monde, à la seule condition de tourner définitivement la page du cycle interminable des violences qui endeuille la région depuis plus de 30 ans, comme il l’a de nouveau repeté à la diaspora congolaise en Serbie avant de s’envoler pour Washington.
Christopher Otshokum
