Le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo continue de susciter de vives réactions dans la classe politique et la société civile.
Alors que certains cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti du président Félix Tshisekedi, évoquent la possibilité de modifier la loi fondamentale, des voix s’élèvent pour dénoncer ce projet.
Parmi les critiques figure Jean‑Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO). Dans une réaction adressée au parti présidentiel sur son compte X, l’acteur de la société civile estime que l’intention de modifier la Constitution est déjà connue de l’opinion publique.
Selon lui, les arguments avancés par certains responsables politiques manquent de solidité.
« Votre intention de changer la Constitution est connue. Mais utilisez des arguments qui montrent au moins que vous avez été à l’école », a-t-il déclaré, dénonçant une démarche qu’il considère comme dangereuse pour l’avenir du pays.
Pour Jean-Claude Katende, une telle initiative pourrait créer de nouvelles tensions politiques et fragiliser les efforts engagés par le chef de l’État, notamment dans le contexte sécuritaire marqué par les tensions avec le Rwanda et le président Paul Kagame.
Il estime également que la modification de la Constitution risquerait d’affaiblir la cohésion nationale et d’accentuer les fractures déjà perceptibles dans la société congolaise.
« Le changement de la Constitution est une direction dangereuse. Les signes de fracture sont déjà là, ce qui affaiblit davantage le vivre-ensemble », a-t-il averti, s’interrogeant par ailleurs sur les motivations réelles de ceux qui soutiennent cette réforme, entre conviction politique et protection d’intérêts personnels.
De son côté, Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka et président du parti ADDCONGO, s’est également montré très critique à l’égard de cette perspective. Il estime que persister dans cette voie pourrait avoir des conséquences graves pour la stabilité du pays.
« Si l’UDPS persévère dans la voie inconsciente de changer la Constitution, elle va non seulement légitimer la guerre mais aussi faire de Corneille Nangaa un héros national », a-t-il affirmé.
Selon Prince Epenge, le parti au pouvoir depuis 2019 prendrait ainsi le risque de conduire la République démocratique du Congo vers une crise politique majeure, voire vers une guerre civile. Il appelle ainsi la population à se mobiliser pour s’opposer à toute initiative visant à modifier la Constitution.
« Il est temps que le peuple se lève pour dire stop », a-t-il conclu.
Alors que le débat reste vif au sein de la classe politique congolaise, la question de la révision constitutionnelle s’impose progressivement comme l’un des sujets les plus sensibles du paysage politique national.
Rufus Lukanga
