11 morts, tous acheminés à la morgue du village Mupandja, et 6 blessés. Tel est le bilan provisoire de l’éboulement survenu dans la nuit du 6 au 7 février sur le site minier de Tilwizembe, au Lualaba, dans la coopérative Comibakat (Shaba Mining DRC).
Saisi de l’information depuis Cape Town, où il s’apprête à participer à l’Indaba Mining, le directeur général du SAEMAPE a présenté ses sincères condoléances aux familles des victimes.
Au vu de ce nouveau drame qui n’a par ailleurs fait l’objet d’aucune communication particulière de la part des autorités locales du Lualaba et est passé sous le radar des médias , le SAEMAPE a annoncé des sanctions sévères à l’encontre de la Comibakat afin de renforcer l’encadrement et la sécurité des exploitants artisanaux.
Le site minier de Tilwizembe, situé au Lualaba, est exploité par la Comibakat dans le périmètre de recherche PR 15868 de Shaba Mining.
Face à la récurrence des éboulements, avec le précédent particulièrement macabre de Mulondo, le SAEMAPE, par la voix de son directeur général, a annoncé de nouvelles mesures pour éviter que de tels drames se répètent à l’avenir.
Le SAEMAPE a dénoncé le manque de coopération – pour ne pas dire le mépris – de la Comibakat vis-à-vis des normes et des recommandations qui lui ont été faites pour prévenir les accidents sur le site.
Depuis Cape Town, Jean-Paul Kapongo a fustigé « l’entrave aux actions du SAEMAPE sur le site minier » en plus du non-respect du code minier.
« Il n’y a pas de présence réelle des exploitants artisanaux encadrés ; c’est un site à problèmes », s’est plaint Jean-Paul Kapongo, qui qualifie la Comibakat d’« électron libre ».
Selon lui, la coopérative n’a jamais fait l’objet d’installations du SAEMAPE. Il accuse une influence politique, alors que la coopérative ne détient ni avis technique d’installation, ni avis technique d’aménagement, ni avis technique de découverture.
« Toutes les initiatives visant à la réglementer ont été systématiquement empêchées, au point qu’il est difficile de savoir si elle exploite de manière semi-industrielle, industrielle ou artisanale », argue-t-il.
Le directeur général du SAEMAPE annonce qu’il va soumettre au ministre des Mines une proposition de retrait de l’agrément de la coopérative. Jean-Paul Kapongo a également exprimé l’intention d’explorer le possible manque à gagner subi par le Trésor public.
Gaëtan Kubaburhanzi
