Le panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA) a franchi une nouvelle étape dans les efforts de paix en République démocratique du Congo. Réunis les 25 et 26 juillet à Gaborone, au Botswana, les facilitateurs ont adopté une feuille de route de six mois ainsi qu’un plan d’action opérationnel destinés à renforcer le processus de médiation conduit par l’organisation panafricaine dans l’est du pays.
Ce document, qui couvre la période de juillet à décembre 2026, vise à doter le panel des facilitateurs et le Secrétariat conjoint indépendant (Independent Joint Secretariat – IJS) d’un cadre coordonné pour accompagner le médiateur de l’Union africaine.
Il prévoit également le suivi de la mise en œuvre des engagements déjà pris, un renforcement de la coordination avec les processus de Washington et de Doha, ainsi que des interventions aux niveaux politique, technique et opérationnel.
La feuille de route intègre des mécanismes de suivi comprenant des rapports réguliers, des analyses conjointes, des missions sur le terrain, une mobilisation des ressources et une coordination étroite avec les partenaires régionaux et internationaux.
Une préparation technique en amont
La réunion de Gaborone avait été précédée, le 24 juillet, par une rencontre technique préparatoire réunissant la Commission de l’Union africaine, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), le Secrétariat conjoint indépendant ainsi que les représentants spéciaux de l’UA dans la région.
Les travaux ont bénéficié de l’appui du gouvernement botswanais et de plusieurs partenaires internationaux.
Au cours des échanges, le représentant du médiateur de l’Union africaine, Yackoley Kokou-Johnson, a rappelé les conclusions de la réunion d’évaluation tenue à Lomé. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la crédibilité de la médiation à travers des actions concrètes sur le terrain.
De son côté, le président du panel des facilitateurs, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, a appelé à la mise en œuvre de mesures pratiques susceptibles de garantir le respect des engagements pris par les différentes parties.
Il a également plaidé pour une meilleure articulation entre les initiatives de l’Union africaine et les processus de Washington et de Doha.
Des priorités clairement définies
Les participants ont souligné l’importance de disposer de financements rapides et flexibles afin de soutenir les activités prévues.
Ils ont également recommandé un allègement des procédures administratives et de déplacement, ainsi qu’un renforcement des capacités en matière d’analyse politique, de logistique, de documentation, de sécurité et d’appui aux missions sur le terrain.
La feuille de route identifie plusieurs axes prioritaires, notamment la coordination stratégique, l’analyse politique, les questions militaires et sécuritaires, l’accès humanitaire, le dialogue avec les groupes armés, la coopération économique régionale, la gestion des ressources naturelles, ainsi que la réconciliation et l’implication de la société civile, des femmes et des jeunes.
Vers une nouvelle étape du processus
À l’issue des travaux, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine, les communautés économiques régionales et le Secrétariat conjoint indépendant ont réaffirmé leur volonté de mettre en œuvre cette feuille de route afin de soutenir un processus de paix coordonné, cohérent, inclusif et conduit par les Africains dans l’est de la RDC.
La Commission de l’Union africaine a salué la contribution de la SADC, du Botswana, de l’EAC, de la CIRGL, du Secrétariat conjoint indépendant ainsi que des représentants du Qatar, des États-Unis et d’autres partenaires internationaux pour leur accompagnement du processus de médiation.
Le document adopté sera soumis au médiateur de l’Union africaine pour approbation. Une nouvelle session d’harmonisation est déjà annoncée avant la fin de l’année 2026 à Arusha, en Tanzanie.
