Martin Fayulu critique le processus de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23. Pour l’opposant congolais, interviewé à la radio Okapi, ces négociations constituent une diversion du président Félix Tshisekedi, qui, selon lui, refuse l’organisation d’un dialogue national inclusif entre Congolais tout en privilégiant les discussions avec le mouvement soutenu par le Rwanda.
L’opposant estime que l’accord de Doha, articulé autour de huit protocoles portant notamment sur le cessez-le-feu, l’accès humanitaire, la sécurité, la gouvernance et la restauration de l’autorité de l’État, soulève plusieurs inquiétudes.
Martin Fayulu s’appuie notamment sur un projet de texte ayant circulé en août 2025. Il pointe particulièrement l’article consacré à la restauration de l’autorité de l’État, qui prévoyait la mise en place d’une force intermédiaire spéciale dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon lui, le caractère « exclusif » que devait revêtir cette force de sécurité dans les zones concernées poserait un sérieux problème de souveraineté nationale.
« Nous sommes dans un pays indépendant ? Nous sommes dans un pays uni ? Ou nous sommes dans un pays balkanisé ? », s’interroge Martin Fayulu.
Pour l’ancien candidat à la présidentielle, ces dispositions pourraient contribuer à renforcer la fragmentation du territoire national alors que l’AFC/M23 consolide son contrôle dans plusieurs zones de l’Est de la RDC.
Martin Fayulu appelle ainsi les Congolais à la vigilance. Il affirme refuser que la population congolaise soit, selon son expression, « le dindon de la farce » dans le processus de paix en cours.
