Le malaise s’accentue au sein des équipes engagées dans la lutte contre la maladie à virus Ebola en Ituri. À Mungwalu, des agents de santé dénoncent le non-paiement de leurs primes depuis trois mois et alertent sur les conséquences que cette situation pourrait avoir sur la poursuite des opérations de riposte.
Réunis au sein d’un collectif, les intervenants ont adressé un mémorandum au président de la République afin de réclamer le paiement de leurs arriérés et une amélioration de leurs conditions de travail.
La déclaration, rendue publique par le Dr Alex Bogole, souligne que les équipes continuent d’intervenir malgré les risques permanents de contamination et les résistances rencontrées dans certaines communautés.
Les agents rendent également hommage à dix de leurs collègues tombés au front dans le cadre de la riposte, notamment le Dr Serge Bamanga, Adabayi Muzungu, Toyabo Samuel, Jean-Baptiste Bura, Bienfait Jaryeko, Jérôme Undé, Agenonga Gilbert, Bakambu, Tito et Jonathan Imbalambai.
Dans leur mémorandum, ils fustigent le retard accumulé dans le paiement des primes, le manque de transparence dans les mécanismes de rémunération, les disparités de traitement entre intervenants ainsi que l’exclusion de certains agents.
Ils exigent le règlement immédiat des sommes dues, l’harmonisation des primes et la réintégration des personnels écartés, faute de quoi ils réclament le départ des partenaires techniques locaux et des responsables de la zone de santé.
En réaction, Médecins Sans Frontières (MSF) a tenu à se dissocier de ces revendications. L’organisation humanitaire affirme que son personnel n’est pas concerné par ce mouvement et précise que les paiements contestés relèvent exclusivement des autorités en charge de la riposte.
MSF confirme néanmoins que des grèves affectent plusieurs Centres de traitement Ebola, dont celui de Mongbwalu.
Tout en assurant que ses équipes continuent d’être rémunérées conformément à ses engagements, l’organisation appelle à une issue rapide afin d’éviter que cette crise sociale ne compromette les efforts engagés contre l’épidémie.
L’Ituri demeure le principal foyer de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Une interruption prolongée des activités des agents de première ligne pourrait affaiblir les opérations de surveillance, de prise en charge des patients et de sensibilisation des communautés, essentielles pour contenir la propagation du virus.
