Le gouvernement congolais durcit le ton face aux propos attribués à Fils Mukoko dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, tandis que l’UDPS/Tshisekedi s’est désolidarisée de son militant.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a, de son côté, imposé un embargo médiatique de 88 jours à l’intéressé.
Dans un communiqué publié mercredi 21 octobre 2026, le ministère de la Justice indique que Guillaume Ngefa a instruit le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête afin d’établir les faits et de déterminer les éventuelles responsabilités.
La vidéo incriminée évoque notamment une possible distribution d’armes dans des terrains de football, des églises, des écoles et des universités. Elle contient également des propos visant les ressortissants occidentaux présents en République démocratique du Congo, ainsi que des appels à leur blocage.
Face à la gravité de ces déclarations, le ministre de la Justice rappelle que la liberté d’expression, garantie par la Constitution, ne saurait justifier les menaces, les intimidations ou les actes susceptibles de mettre en danger la vie d’autrui.
L’UDPS rejette toute responsabilité
Dans un communiqué signé par son président intérimaire, Augustin Kabuya Tshilumba, l’UDPS/Tshisekedi a condamné les déclarations attribuées à Fils Mukoko et affirmé que celles-ci n’engageaient nullement le parti présidentiel.
La formation politique précise que l’intéressé n’occupe aucune fonction en son sein et que ses déclarations, notamment celles relatives à la distribution d’armes et à l’organisation d’un sit-in devant l’ambassade de Belgique en RDC, ne résultent d’aucune décision ni instruction de ses instances compétentes.
Le parti réaffirme son attachement à la non-violence, présentée comme l’un des fondements de son combat politique depuis sa création, le 15 février 1982. Il appelle ses cadres, militants et sympathisants à faire preuve de discipline, de retenue et de responsabilité, tout en respectant les lois de la République et les obligations internationales du pays, notamment en matière de protection des missions diplomatiques.
Patrick Muyaya condamne des propos « d’une horreur absolue »
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a également condamné avec fermeté les propos attribués à Fils Mukoko. Dans un message publié sur son compte X, il a souligné que ces déclarations n’engageaient ni le gouvernement ni aucune autre institution de la République.
« Nous ne tolérons aucune forme d’appel à la violence ni aucun discours qui stigmatise nos partenaires occidentaux », a-t-il affirmé, précisant que les organes habilités, notamment le CSAC, l’Hôtel de ville de Kinshasa et les autres services compétents, avaient été saisis afin de tirer les conséquences de ces propos.
Patrick Muyaya estime que l’incitation de la population à de tels actes revient à tomber dans le piège de l’ennemi et risque de compromettre les efforts engagés par le président de la République, le gouvernement et leurs partenaires, dont la Belgique, en faveur du retour de la paix dans les zones du pays sous occupation.
Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs tenu à rassurer les missions diplomatiques et leur personnel, affirmant que toutes les dispositions nécessaires étaient prises pour garantir leur sécurité ainsi que l’inviolabilité de leurs sièges.
Il a prévenu que toute personne versant dans l’extrémisme s’exposerait à la rigueur de la loi.
Le CSAC impose un embargo médiatique de 88 jours
Le CSAC a été le premier à prendre une mesure à l’encontre de Fils Mukoko. À l’issue d’une réunion d’urgence tenue mercredi 21 octobre, l’organe de régulation des médias a décidé de lui imposer un embargo médiatique de 88 jours, en raison de propos considérés comme contraires aux lois en vigueur.
Il l’a également invité à se présenter en urgence dans ses bureaux pour une audition.Alors que plusieurs institutions condamnent ces déclarations, l’enquête judiciaire devra permettre de vérifier les faits rapportés dans la vidéo et d’établir les responsabilités éventuelles.
Le gouvernement réaffirme, pour sa part, sa détermination à préserver l’ordre public et à garantir la sécurité des personnes et des biens, notamment celle des représentations diplomatiques accréditées en RDC.



