Réunis à Rome du 25 au 27 octobre 2026, les membres de la Coalition Article 64 (C64) ont réaffirmé leur attachement à l’ordre constitutionnel, à l’alternance démocratique et à la recherche d’une solution pacifique à la crise congolaise.
Dans leur déclaration finale, ils défendent une voie centriste, fondée sur le respect de la Constitution, le rejet de la prise du pouvoir par les armes et l’ouverture d’un dialogue national inclusif.
La Coalition Article 64 entend se positionner comme une force de médiation dans un contexte politique et sécuritaire marqué par la poursuite des combats dans l’Est de la République démocratique du Congo, les tensions autour de la révision constitutionnelle et les inquiétudes liées à l’avenir des institutions.
Sans soutenir une conquête du pouvoir par la force, la C64 rejette également toute tentative de contournement de la Constitution pour prolonger le pouvoir en place. Elle rappelle notamment que les dispositions de l’article 220 relatives aux mandats présidentiels et à l’alternance démocratique doivent être scrupuleusement respectées.
Pour cette coalition, aucune ambition personnelle ni justification politique ne peut légitimer une confiscation du pouvoir.
Une troisième voie entre les extrêmes
Le positionnement de la C64 repose sur une double opposition : d’une part, aux initiatives susceptibles de remettre en cause l’ordre constitutionnel au profit du pouvoir en place et, d’autre part, à toute prise du pouvoir par les armes.
La coalition condamne ainsi le projet de « coup d’État constitutionnel », tout en rejetant les ambitions des mouvements armés de conquérir le pouvoir par la force.Cette posture traduit sa volonté de défendre une alternative politique qui privilégie les institutions, les libertés publiques et la recherche d’un consensus national.
La C64 affirme que l’accès au pouvoir, son exercice et son maintien doivent se conformer à la Constitution et aux lois de la République.Le dialogue national comme voie de sortie de criseFace à la recrudescence des violences et aux risques de fragmentation du pays, la coalition estime qu’aucune solution exclusivement militaire ne peut résoudre durablement la crise congolaise.
Elle plaide pour un dialogue national inclusif réunissant toutes les parties concernées, sans exclusive, afin de restaurer la confiance, de renforcer la cohésion nationale et de consolider la paix.
La C64 insiste également sur la nécessité d’articuler ce dialogue avec les initiatives diplomatiques en cours. Elle appelle notamment à la relance de la facilitation africaine conduite par l’Angola et le Togo, en coordination avec la médiation de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Sur le plan sécuritaire, elle demande des résultats vérifiables du processus de Doha, notamment le respect du cessez-le-feu, la protection des civils, l’accès humanitaire et le retrait des troupes étrangères conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Préserver les libertés et l’échéance électorale de 2028La démarche centriste revendiquée par la C64 s’étend également à la défense des libertés publiques. La coalition exige la fin des arrestations arbitraires, des intimidations et des entraves aux activités politiques pacifiques.
Elle réclame aussi la libération des personnes détenues en raison de leurs opinions ou de leur engagement civique, ainsi que le retour des exilés.
Elle réaffirme, par ailleurs, son opposition à tout changement constitutionnel visant à instaurer un troisième mandat présidentiel ou à reporter les élections prévues en 2028.
Pour elle, le dialogue national doit contribuer à la paix sans remettre en cause les échéances constitutionnelles.



