Les États‑Unis ont annoncé ce lundi l’imposition de sanctions contre plusieurs responsables rwandais ainsi que contre l’armée rwandaise (Rwanda Defence Force), un geste fort qui marque une escalade dans les relations entre Washington et Kigali.
La mesure, publiée sur le site du département du Trésor américain, cible notamment quatre individus rwandais et la force militaire nationale.Il s’agit de Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga (alias « MK Mubarkh ») et Vincent Nyakarundi, tous basés à Kigali et accusés de contribuer à l’instabilité dans l’est de la RDC.
Cette mesure s’inscrit dans le contexte de l’escalade persistante du conflit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les États-Unis accusent Kigali de soutenir le mouvement rebelle M23/AFC, malgré les appels répétés de la communauté internationale au retrait des troupes rwandaises et à la cessation de l’occupation ainsi que l’accord de paix signé en décembre dernier sous médiation américaine.
« Nous exigeons le retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements des Forces de défense rwandaises (RDF). », déclare le secrétaire au Trésor américain
Ces sanctions renforcent la pression économique sur Kigali et visent à entraver le financement et le soutien logistique à la rébellion. Ce nouvel ensemble de sanctions suit des mesures similaires prises par le département du Trésor en 2025, quand l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) avait déjà désigné des responsables rwandais, notamment James Kabarebe, ancien ministre de la Défense et figure militaire influente, ainsi que Lawrence Kanyuka Kingston, un porte‑parole du mouvement M23 et ses sociétés associées.
La Maison Blanche n’a pas encore indiqué si d’autres sanctions telles que des interdictions de voyage ou des blocages d’avoirs s’ajouteront à ces mesures économiques.
D’autres responsables américains ont cependant laissé entendre que ces sanctions pourraient s’inscrire dans un ensemble de pressions diplomatiques pour obtenir le respect des accords et une désescalade du conflit en RDC.
Rufus Lukanga
