Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a accordé un entretien au média Jeune Afrique ce mercredi 8 avril 2026, dans lequel il aborde les principaux dossiers politiques et sécuritaires de la République démocratique du Congo.
En premier lieu sur la question sensible de la réforme constitutionnelle, Augustin Kabuya adopte des propos similaires à Christophe Mboso, un autre haut cadre de l’union sacrée de la nation : « Il n’y a que la Bible qu’on ne peut pas toucher. »
Le patron du parti présidentiel s’appuie notamment sur les conclusions des états généraux de l’UDPS tenus en décembre 2024, évoquant la nécessité de revisiter certaines dispositions jugées problématiques. Parmi elles, l’article 85 relatif à l’état de siège est explicitement mentionné.
Cette déclaration marque une prise de position plus affirmée du parti au pouvoir en faveur d’un éventuel changement constitutionnel, longtemps sujet à débat au sein de l’opinion publique congolaise.
Interrogé en secundo sur l’hypothèse d’un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, Kabuya affirme n’avoir « jamais parlé avec le chef de l’État » de cette possibilité. Toutefois, il laisse entrevoir une ouverture : « Si le peuple congolais décide que Tshisekedi doit continuer, qui suis-je pour m’y opposer ? »
Dans cette perspective, le recours à un référendum apparaît comme une option privilégiée, plaçant ainsi la souveraineté populaire au cœur du processus décisionnel.
Tensions régionales : Kigali pointé du doigt
Sur le plan sécuritaire, Kabuya accuse directement le président rwandais Paul Kagame d’être « le parrain » de la rébellion de l’AFC/M23. Il considère par ailleurs les déclarations de Kigali évoquant Joseph Kabila comme une tentative de dilution des responsabilités dans le conflit qui secoue l’est du pays.
Concernant l’initiative de dialogue portée par la Conférence épiscopale nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo (ECC), voie de sortie de la critique sécurité et politique au pays; le secrétaire général de l’UDPS s’en remet à la position du chef de l’État, sans engagement personnel clair.
Même prudence sur la tenue du congrès du parti présidentiel, reporté sine die depuis la chute d’Uvira, un événement qui continue de peser sur l’organisation interne du parti. L’accalmie règne actuellement en son sein suite à l’intervention personnelle du chef de l’État, mais les divergences demeurent, des camps s’observent et ne comptent que sur la tenue du congrès pour aplanir les problèmes.
Rufus Lukanga
