Attendu de longue date, le recensement général de la population en République démocratique du Congo est considéré comme un levier essentiel pour la planification du développement, en permettant au gouvernement de disposer de données statistiques actualisées et fiables.
Le Senat est cette fois appelée à se prononcer sur la question à travers la présentation du projet aux élus en plénière de ce lundi 13 avril 2026.
Bien avant, en mars dernier, la chambre basse du parlement suite de l’audition de Diene Keita, sous-secrétaire de Nations unies et directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), avait dans ses Recommandations la, exhorté le Gouvernement à faire du recensement le pilier de son action, permettant d’avoir des données démographiques fiables et actualisées pour la mise en œuvre des politiques publiques.
Elle a recommandé également au Gouvernement de disponibiliser des moyens budgétaires et extrabudgétaires pour la réalisation de ce deuxième recensement au pays.
Le dernier recensement scientifique dans notre pays remonte à 1984, soit plus de quatre décennies. Dans cette perspective, Kinshasa entende accélérer sa mise en œuvre, avec un lancement des opérations de terrain envisagé d’ici juillet 2026.
En juin 2023, La Commission électorale nationale indépendante, CENI, et l’Office national d’identification de la population (ONIP) avaient signé, un protocole d’accord s’inscrivant dans le cadre de la mutualisation des efforts pour mener à bon port l’identification et le recensement de la population, en vue de doter celle-ci d’une carte d’identité.
Une promesse, un processus qui peine à se réaliser à ce jour , l’impact ne s’est limité qu’à la phase expérimentale avec le président de la République, seul citoyen congolais jusqu’alors à détenir cette carte d’identité.
Prés des deux années passées, les rumeurs du détournement des fonds décaissés pour l’impression des cartes d’identité biométriques ont défrayé la chronique, à cela un démenti de la direction générale n’a pas tardé, toutefois, cette situation a semé le doute quant à la fiabilité de cette structure à recenser et octroyer la population de la carte d’identité dans un délai prêt.
En vue d’accélérer le processus en cette année 2026, La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a une fois de plus procédé au mois de février, à la remise officielle du fichier électoral des électeurs enrôlés au cours de l’année 2022 à l’Office National de l’Identification de la Population (ONIP), lors d’une cérémonie organisée au ministère de l’Intérieur à Kinshasa la capitale.
Pour soutenir ce projet d’envergure, une table ronde des bailleurs de fonds s’est tenue le 23 mars 2026 à Kinshasa. Le coût global du recensement est estimé à près de 200 millions de dollars américains. Plusieurs partenaires techniques et financiers ont déjà manifesté leur engagement, dont la Banque africaine de développement (BAD), qui a annoncé une contribution significative.
Rufus Lukanga
