Dans son rapport annuel 2025-2026, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) tire la sonnette d’alarme sur les insuffisances du système électoral congolais et plaide pour des réformes structurelles majeures.
L’institution met en évidence plusieurs failles dans la loi régissant l’identification et l’enrôlement des électeurs, notamment l’exclusion des Congolais résidant temporairement à l’étranger ainsi que l’absence de mécanismes adaptés pour les déplacés internes.
La CENI critique également les limites de la loi électorale issue du cycle de décembre 2023. Le système proportionnel au plus fort reste, actuellement en vigueur, est jugé peu compatible avec les exigences de stabilité gouvernementale, alimentant des majorités fragiles et parfois difficiles à consolider.Sur le plan de la représentativité, l’institution dresse un constat préoccupant concernant la participation des femmes.
Malgré l’exemption du cautionnement instaurée pour encourager leur engagement politique, cette mesure aurait été détournée de son objectif initial. En conséquence, la présence féminine dans les assemblées délibérantes demeure faible, plafonnant autour de 12 %.
Face à ces défis, la CENI propose une série de réformes visant à renforcer la crédibilité et l’inclusivité du processus électoral. Parmi les pistes avancées figurent l’introduction de listes électorales zébrées et bloquées pour favoriser la parité, le renforcement des dispositifs biométriques afin de fiabiliser l’identification des électeurs, ainsi que la modernisation des procédures de dépôt et de validation des candidatures.
À travers ces recommandations, la CENI entend poser les bases d’un système électoral plus équitable, transparent et apte à consolider la démocratie en République démocratique du Congo.
