Les États-Unis ont de nouveau durci leur position contre le Rwanda en annonçant une série de sanctions visant l’armée rwandaise et plusieurs hauts responsables militaires, accusés de soutenir la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon le département du Trésor américain, les Forces de défense rwandaises (RDF) auraient fourni un soutien direct au mouvement rebelle M23, notamment en matière de formation, d’équipements et d’appui opérationnel sur le terrain. Washington estime que ce soutien a permis au groupe armé de mener des offensives et de contrôler plusieurs zones stratégiques dans l’est de la RDC.
Les sanctions américaines comprennent notamment le gel des avoirs aux États-Unis et l’interdiction pour les citoyens et entreprises américaines d’effectuer des transactions avec les personnes et entités visées. Elles ciblent également quatre officiers supérieurs de l’armée rwandaise soupçonnés d’avoir joué un rôle clé dans le soutien au M23.
Washington affirme que ces mesures visent à faire respecter les accords de paix signés à Washington en 2025 entre la RDC et le Rwanda, lesquels prévoyaient notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et la fin de tout soutien aux groupes armés.
Du côté de Kinshasa, ces sanctions ont été saluées comme une reconnaissance des accusations répétées de la RDC contre Kigali. En revanche, le gouvernement rwandais a dénoncé une décision « injuste », estimant que les États-Unis ciblent une seule partie au conflit et ignorent les violations attribuées à l’armée congolaise.
Cette nouvelle salve de sanctions marque un tournant dans les relations entre Washington et Kigali et pourrait peser davantage sur la dynamique diplomatique autour du conflit dans l’est de la RDC, où la situation sécuritaire reste particulièrement fragile.
Rufus Lukanga
