La Cour des comptes a révélé, mercredi 13 mai à Kinshasa, plusieurs cas présumés de détournements des finances publiques impliquant des services du gouvernement central, des exécutifs provinciaux ainsi que certaines entreprises publiques.
L’annonce a été faite par le premier président de cette haute juridiction financière, Jimmy Munganga Ngwaka, au cours d’un briefing de presse consacré à l’état des contrôles effectués depuis la rentrée judiciaire de mars dernier.
Selon la Cour des comptes, plusieurs irrégularités ont été relevées dans la gestion des fonds publics, notamment des dépenses exécutées sans pièces justificatives conformes, en violation des règles budgétaires et comptables en vigueur.
« Lorsque nous examinons les comptabilités mensuelles de certains ministères et institutions publiques, la Cour des comptes constate des dépenses sans pièces justificatives. Dans ce cas, il y a présomption de détournement. Tous les comptables publics concernés vont être poursuivis devant la Cour des comptes. Certains, pour des cas graves, seront renvoyés », a déclaré Jimmy Munganga Ngwaka.
Le procureur général près la Cour des comptes, Guy Tshipata Mulumba, a également annoncé le lancement de plusieurs audits dans différentes institutions publiques. Il a assuré que des poursuites judiciaires seront engagées contre toute personne reconnue coupable de mauvaise gestion ou de détournement des deniers publics.
Cette série d’actions judiciaires pourrait constituer une étape majeure dans le renforcement de la lutte contre la corruption et l’impunité financière en République démocratique du Congo.
Depuis plusieurs années, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires internationaux appellent à davantage de transparence, de redevabilité et de rigueur dans la gestion des ressources publiques.
Les prochaines semaines devraient permettre de mesurer l’ampleur des audits annoncés et les éventuelles suites judiciaires qui en découleront.
Rufus Lukanga
