La cour de cassation a entamé ce mardi 21 avril l’instruction sur le fond dans l’affaire opposant l’état congolais à Chançard Bolukola, ancien coordonnateur de Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), accusé de détournement présumé de plusieurs millions de dollars en présence de plusieurs témoins convoqués à la barre, dont des représentants de la société Divo.
Tout est parti d’une enquête par le procureur général près la cour de cassation sur le 1.600.000 dollars décaisses par FRIVAO pour un documentaire de Divo SARL sur la guerre de six jours à Kisangani. Le seul accusé devant le juge, Chançard Bolukola, ancien coordonnateur du FRIVAO, qui est jugé non seulement pour de graves accusations de détournement de plusieurs millions de dollars, mais aussi pour avoir attribué, d’une manière peu transparente, des contrats publics à des entreprises suspectées d’être fictives.
En effet, deux entreprises de construction auxquelles l’accusé aurait versé approximativement 2,7 millions $ sont tout bonnement introuvables. Les adresses transmises par l’ancien coordinateur du FRIVAO sont absentes, tout comme les responsables des sociétés.
Depuis sa cellule de prison, Chançard Bolukola avait partagé son point de vue dans une lettre adressée à Guillaume NGEFA. Selon lui, En dépit des déclarations du ministre de la justice, qui avance une certaine somme, ce documentaire n’a jamais eu un coût de 1 million 600 mille dollars.
Le contrat convenu s’élevait à 640 000 $, hors taxes. Tout en soulignant que le film dure 1H14 minutes, les informations transmises aux autorités ne correspondent pas à la vérité. Ces données sont biaisées et visent à lui porter préjudice.
Cependant, des irrégularités auraient été détectées dans la réalisation de ce projet cinématographique, amenant les autorités judiciaires à soupçonner un éventuel détournement de fonds publics.Au cours de ce premier jour d’audience, plusieurs témoins ont été interrogés, y compris Teddy Lwamba, le DG de la SNEL et ancien ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, ainsi que des délégués de DIVO SARL.
S’agissant des marchés, l’accusé s’est montré vague, affirmant simplement que la société serait « proche de ShowBuzz, à Socimat » (Kinshasa), sans toutefois indiquer une adresse exacte.
Chançard Bolukola a aussi admis qu’il ne connaissait pas les dirigeants de l’entreprise.La juge présidente a noté l’absence de localisation de ces compagnies, les qualifiant d’« entreprises fictives » en raison du manque de preuves tangibles.
La concession de contrats d’une telle ampleur à des entreprises non identifiables suscite d’importantes inquiétudes en termes de transparence des processus et de l’affectation réelle des fonds investis.
L’affaire FRIVAO continue de susciter la surprise et nécessite plusieurs procédures judiciaires.C’est le cas du ministre de la Justice qui vient d’instruire au Procureur général près la Cour de cassation d’entamer des investigations judiciaires concernant des présumés actes de détournement de fonds publics, corruption, et autres délits connexes liés à un accord signé entre le (FRIVAO) et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
Les éléments en question se réfèrent au contrat concernant la réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani, situé dans la province de la Tshopo.
Le communiqué de Guillaume Ngefa indique que les premiers éléments d’information, corroborés par des constats de terrain et un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), font état d’un écart significatif et non justifié de 3,3 millions de dollars américains entre le montant initialement sollicité, estimé à 700.000 USD, et les fonds effectivement décaissés, évalués à 4 millions USD.
Le ministère mentionne aussi une incohérence évidente entre le degré d’avancement des travaux et les sommes engagées, ainsi que d’importantes lacunes en termes de contrôle, de suivi documentaire et de surveillance technique.
Cette affaire pourrait représenter un examen crucial pour les dispositifs de lutte contre la corruption en République démocratique du Congo. À ce stade, le tribunal de déterminer les responsabilités dans ce qui semble être un grand scandale, les fonds alloués aux victimes de guerre ayant été supposément détournés à des objectifs personnels.
Les débats ont été reportés à vendredi pour la poursuite de l’audience.
Nathan Diamwete
