Près de 600 miliciens Mobondo ont déposé les armes et sont désormais engagés dans un processus de démobilisation et de réinsertion. Au total, 596 combattants ont été remis au Service national et transférés vers le centre de Kaniama Kasese, dans le Haut-Lomami, a annoncé le ministre délégué auprès du ministre de la Défense, Eliezer Ntambwe, lors du briefing presse diffusé en direct à la RTNC.
Selon le ministre, cette opération s’inscrit dans la volonté des autorités de sortir durablement les combattants Mobondo de la brousse et de les éloigner des zones de conflit.
« La mission que nous avons reçue du Commandant suprême, c’est de faire en sorte que les compatriotes qui étaient en brousse puissent déposer les armes », a-t-il expliqué.
En plus des 596 hommes démobilisés, 146 armes ont été récupérées dans le cadre de cette opération. Eliezer Ntambwe a toutefois précisé que le décompte du matériel militaire récupéré n’était pas encore définitif, certaines armes se trouvant encore entre les mains des combattants ayant accepté de rejoindre le processus.
À Kaniama Kasese, les ex-miliciens Mobondo doivent intégrer le dispositif du Service national consacré à la prise en charge et à la réinsertion des anciens combattants.
Le site a déjà accueilli d’autres groupes d’anciens combattants, notamment des ex-Kuluna de Kinshasa et des ex-miliciens Kamwina Nsapu.
Pour le gouvernement, l’objectif est de transformer cette reddition en une véritable opportunité de réinsertion sociale, tout en empêchant une reprise des violences dans les zones autrefois affectées par le phénomène Mobondo.
Les autorités veulent également favoriser, à terme, le retour des populations déplacées dans leurs villages.Cette évolution intervient alors que Kinshasa affirme observer une amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs localités du Grand Bandundu, du Kongo Central et de Kinshasa.
Maluku, Etumba na Ngwaka et Mashambio sont notamment présentées comme des zones pacifiées.
Le gouvernement assure par ailleurs que les routes nationales RN1 et RN17 sont désormais praticables. Cette réouverture devrait faciliter la circulation des personnes et des biens entre Kinshasa et les provinces de l’ouest.
Né d’un conflit foncier à Kwamouth, le phénomène Mobondo a provoqué plusieurs années de violences, entraînant des déplacements massifs de populations et la destruction de plusieurs villages.
Rufus Lukanga
