La République démocratique du Congo gagnerait à se doter d’un Fonds National de Recherche Patrimoniale (FNRP) afin d’assurer un financement durable de la recherche scientifique consacrée à son patrimoine, a soutenu mercredi l’expert et avocat Jean Paul Lumbulumbu Mutanava, à l’occasion de la défense de son mémoire au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD).

Intitulée « Le financement de la recherche scientifique sur le patrimoine : un investissement stratégique pour la RDC », cette étude met en lumière le contraste entre l’immense richesse patrimoniale du pays et le faible niveau de financement consacré à sa recherche, sa protection et sa valorisation.

Devant un jury composé d’experts nationaux et internationaux, dont le général français Jacques Michel Renaud, le colonel Jean Letalanko Lonyango et Mme Angélique Busine, l’auteur a relevé que la RDC, qui tire une part importante de ses recettes publiques de l’exploitation de ses ressources naturelles, ne dispose toujours pas, plus de six décennies après son indépendance, d’un inventaire général de son patrimoine naturel, culturel, historique et scientifique.

Selon Jean Paul Lumbulumbu Mutanava, plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment l’obsolescence du cadre juridique régissant la recherche scientifique, l’absence d’une politique nationale cohérente, l’insuffisance des financements publics, la forte dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs ainsi que le manque de coordination des mécanismes existants de financement.
L’étude remet également en question l’efficacité de certains dispositifs actuels, notamment le Fonds National de Recherche Scientifique et Innovations Technologiques (FNRSIT), le Fonds d’Intervention pour l’Environnement (FIPE), le Fonds pour les Générations Futures (FOMIN) et le Fonds National d’Entretien Routier (FONER), estimant qu’ils ne répondent pas de manière spécifique aux besoins de la recherche patrimoniale.

À l’issue de son analyse, l’ancien vice-président de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu propose la création d’un Fonds National de Recherche Patrimoniale (FNRP), présenté comme un mécanisme stratégique capable de renforcer la souveraineté scientifique et culturelle du pays.
Il recommande que ce fonds soit alimenté par un système de parafiscalité reposant sur des redevances prélevées auprès des secteurs qui tirent directement profit de l’exploitation du patrimoine national, notamment les mines, l’énergie, le pétrole, le tourisme, la culture et les arts.


Pour l’auteur, les revenus générés par l’exploitation du patrimoine devraient contribuer directement au financement de la recherche scientifique, de la conservation, de la protection et de la valorisation de ce patrimoine.
Il estime qu’un tel mécanisme offrirait à la RDC un financement plus stable, durable et souverain, tout en réduisant sa dépendance aux financements extérieurs dans un domaine jugé stratégique pour le développement national.
