Coup de théâtre au sommet de la Chambre haute du Parlement. Modeste Bahati Lukwebo a officiellement annoncé sa démission de son poste de deuxième vice-président du Sénat, invoquant un souci de préserver la cohésion interne et d’éviter des tensions inutiles avec ses collègues.
Dans une correspondance adressée au président du Sénat, le leader de l’AFDC-A explique avoir pris cette décision « à la suite du climat politique qui règne actuellement » au sein de l’institution.
« Je me disais que ça ne sert à rien d’engager un bras de fer avec mes collègues », aurait-il confié, traduisant une volonté d’apaisement.
Dans sa lettre, il précise que cette démission n’est en aucun cas liée à une incapacité à assumer ses fonctions, affirmant s’être « toujours acquitté de ses charges professionnelles correctement et en temps réel ».
Il souligne plutôt une démarche visant à garantir la sérénité au sein du Sénat et à permettre à d’autres élus de poursuivre le travail engagé depuis mai 2024.
Resté loyal à la majorité présidentielle, Modeste Bahati Lukwebo a tenu à réaffirmer son attachement à l’autorité de référence de l’Union sacrée, le président Félix Tshisekedi.
Cette démission intervient dans un contexte politique marqué par des recompositions internes et des rivalités au sein des institutions. Figure influente de la scène politique congolaise, Bahati Lukwebo laisse derrière lui un poste stratégique dont la succession pourrait raviver les équilibres au sein du Sénat.
une pétition à la base de sa démission
La démission de Modeste Bahati Lukwebo de son poste de deuxième vice-président du Sénat intervient dans un contexte de fortes tensions internes, marquées notamment par une pétition initiée à son encontre au sein de la Chambre haute.
Quelques heures avant l’annonce de son retrait, le Sénat avait tenu une séance plénière consacrée à l’examen du dépôt de cette pétition. À l’issue des échanges, une commission spéciale a été mise en place afin d’analyser le contenu de la démarche avant toute décision finale de la plénière.
Selon un communiqué officiel signé par Nefertiti Ngudianza, cette commission est chargée d’examiner en profondeur les griefs formulés contre le désormais ex-deuxième vice-président, dans un climat politique particulièrement tendu au sein de l’institution.
À l’origine de cette initiative, le sénateur Dany Kabongo affirme que sa motion a recueilli plus de 80 signatures, un nombre largement supérieur au seuil requis pour sa recevabilité. Cette mobilisation importante traduirait un malaise profond au sein de certains membres du Sénat.
Les accusations portées contre Modeste Bahati Lukwebo portent notamment sur une supposée incompétence dans l’exercice de ses fonctions ainsi qu’un manque de respect envers le chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Ces critiques ont émergé après une conférence de presse au cours de laquelle il s’était exprimé sur plusieurs sujets sensibles, dont la question de la révision constitutionnelle.
Paradoxalement, cette séquence politique intervient quelques jours seulement après la réélection de Bahati Lukwebo en tant que président statutaire de son parti, l’AFDC, à l’issue de son quatrième congrès. Une position qui renforce son poids politique, malgré les turbulences rencontrées au sein du Sénat.
Rufus Lukanga

