Le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique congolaise. Après la prise de position du deuxième vice président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, opposé à toute modification de la loi fondamentale, plusieurs figures de la majorité présidentielle sont sorties de leur silence pour défendre l’idée d’un changement.
Le secrétaire général et président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, s’est montré particulièrement direct. « Soyez calmes, nous allons toucher à la Constitution », a-t-il déclaré, rappelant aux militants et les acteurs politiques le cours de l’histoire.
« Mobutu a révisé la Constitution 17 fois, Laurent-Désiré Kabila l’a touchée 3 fois, Joseph Kabila l’a retouchée en passant de deux tours à un seul tour »
Dans la même dynamique, le ministre des sports, Didier Budimbu, a défendu la nécessité de soutenir l’action du chef de l’État. Selon lui, la question de l’alternance ne doit pas être posée à la légère : « Si le président Félix Tshisekedi doit laisser le pouvoir, pour le donner à qui… et pour que celui à qui on le donne en fasse quoi ? », s’est-il interrogé.
Ces prises de position contrastent avec celle du leader de l’AFDC-A et même du presidium de l’union sacrée de la nation, qui avait exprimé des réserves sur l’opportunité d’une révision constitutionnelle, estimant que ce débat pourrait raviver des tensions politiques dans le pays.
Du côté de l’opposition, la relance de ce dossier est également critiquée. L’ancien 1er vice président de l’Assemblée nationale et opposant, Jean-Marc Kabund, a qualifié la question de « faux débat », estimant que les priorités nationales devraient plutôt se concentrer sur les défis sécuritaires et socio-économiques auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
La controverse autour de la Constitution intervient dans un climat politique déjà marqué par des discussions sur les réformes institutionnelles et l’avenir du système politique en République démocratique du Congo. Pour l’instant, aucune procédure officielle de révision n’a été engagée, mais les déclarations au sein de la majorité montrent que le sujet reste hautement sensible et continue d’alimenter les tensions politiques.
Rufus Lukanga
