Devant les sénateurs réunis au Parlement, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a tiré la sonnette d’alarme sur de sérieux dysfonctionnements dans le dossier du FRIVAO, actuellement en cours d’examen devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe.
Selon le garde des Sceaux congolais, sur les 195 millions de dollars disponibles dans le fonds, seuls 28 millions auraient effectivement été versés aux victimes. Parallèlement, le nombre de bénéficiaires est passé de 3 000 à plus de 14 000, une situation qui, selon lui, laisse présager de possibles cas de fraude et d’irrégularités dans la gestion du fichier.
Face à ces constats, le ministre a présenté un plan de redressement articulé autour de trois axes majeurs : l’assainissement financier et organisationnel, la réalisation d’un audit indépendant du fichier des bénéficiaires, ainsi que l’adoption d’un manuel de procédures garantissant plus de transparence.
Des premières mesures ont déjà été engagées, notamment la suspension du président du Conseil d’administration et la réorganisation des organes de gestion du fonds.
Concernant la reprise des indemnisations, celle-ci se fera en deux phases : une première étape basée sur des indemnisations collectives, suivie d’une phase individuelle après assainissement du fichier des bénéficiaires.
Le gouvernement entend également mobiliser des ressources complémentaires, en particulier issues du secteur minier, en attendant le paiement intégral des réparations dues par l’Ouganda.
Pour Guillaume Ngefa, le FRIVAO doit impérativement retrouver sa crédibilité en tant qu’instrument de justice réparatrice, fondé sur les principes de transparence et de redevabilité.
