Le gouvernement congolais a annoncé une avancée majeure dans la mise en œuvre de l’accord de paix signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda à Washington, sous la médiation des États-Unis.
Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont signé un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement, une étape jugée décisive par Kinshasa.Lors d’un briefing de presse, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a rappelé les engagements pris par les deux pays dans le cadre de cet accord.
« Le Rwanda s’est engagé à retirer ses troupes de la RDC, à quitter le territoire congolais. La RDC, de son côté, s’est engagée à neutraliser les FDLR. Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous annoncer qu’après un long processus, les FDLR viennent de signer un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement », a déclaré le ministre.
Selon Floribert Anzuluni, cette démarche s’inscrit dans le CONOPS (Concept opérationnel), qui définit les différentes étapes de mise en œuvre de l’accord de paix.Le ministre a précisé que la neutralisation des FDLR ne signifiait pas uniquement une action militaire.
« Nous entendons par neutralisation réduire ce que le Rwanda qualifie de menace. Cette neutralisation devait se faire par deux mécanismes : d’abord la sensibilisation, et, si celle-ci ne permettait pas d’atteindre l’objectif, par la force », a-t-il expliqué.
Revenant sur l’origine du mouvement, Floribert Anzuluni a rappelé que les FDLR sont un groupe rebelle rwandais créé en 2000 par des éléments issus des vagues de réfugiés ayant fui le génocide de 1994 pour s’installer dans l’est de la RDC.
Le gouvernement congolais maintient toutefois sa lecture du conflit. Pour Kinshasa, la question des FDLR a longtemps été utilisée par Kigali pour justifier sa présence militaire en territoire congolais.
« La RDC a toujours soutenu, et continue de soutenir, que la question des FDLR est une manipulation du Rwanda, utilisée pour cacher les véritables objectifs de son agression, notamment le contrôle des ressources naturelles congolaises », a affirmé Floribert Anzuluni.
Le ministre a également rappelé que, au début du conflit, Kigali avait nié toute présence de ses troupes en RDC avant de justifier par la suite leur déploiement par la menace que représenteraient les FDLR.
Rufus Lukanga
