Pendant quelques heures, les réseaux sociaux se sont embrasés pour une affaire qui ne reposait sur rien de solide. L’ancien patron de l’Inspection générale des finances (IGF), Jules Alingete Key, et le directeur général de Rawbank, Mustafa Rawji, interdits de quitter le territoire suite à une décision de justice.
Une affaire qui mêlait un symbole de la lutte anti-corruption et l’une des plus grandes banques du pays. Mais ce qui ressemblait à un séisme financier et judiciaire s’est dégonflé tout aussi vite, révélant une histoire de manipulation et d’escroquerie transfrontalière.
Tout commence par une interdiction de sortie du territoire national frappant, l’ancien patron de l’IGF, Jules Alingete Key, Mustafa Rawji, ses frères Mazhar, Uzair et Zain Rawji, ainsi que Kiala Ndombele, Nanu Mukawa (alias Nanu Alingete) et le professeur Jok Oga Ukelo. La nouvelle fuite et devient virale début juillet.
Pourtant, dès le 4 juillet, le parquet général publie un communiqué qui change tout. La mesure d’interdiction avait déjà été levée « il y a belle lurette », affirment les autorités. Les investigations, ouvertes à la suite d’une injonction du ministre d’État à la Justice, n’ont abouti à aucune preuve à charge. Aucune culpabilité n’est établie.
L’affaire est qualifiée de « fausse » par plusieurs sources.C’est ici que le récit prend une tournure d’une cabale contre l’image du symbole de l’anti corruption en RDC.
Selon des informations relayées par la presse locale et des sources proches du dossier, toute cette procédure reposerait sur des dénonciations mensongères fournies par un ressortissant camerounais : Jules Njunguo. Ce dernier, décrit comme un escroc récidiviste spécialisé dans l’approche de hautes personnalités, aurait monté un dossier pour faire chanter Rawbank et Alingete.
Son but présumé : exiger des sommes importantes en échange du « retrait » des accusations. Ayant échoué, il aurait poussé l’affaire jusqu’au ministère de la Justice.L’épisode a failli coûter cher au-delà des réputations individuelles.
Au moment où la RDC prépare un Eurobond et travaille à sortir de la liste grise du GAFI, une telle affaire, même en tant que rumeur, risquait de semer le doute sur la signature financière du pays et sur Rawbank, banque pivot du financement de l’économie congolaise.
Au final, l’affaire Rawbank-Alingete aura duré le temps d’un week-end médiatique. Elle laisse derrière elle des questions sur la vigilance des circuits de dénonciation, la rapidité de circulation de l’information à Kinshasa, et la vulnérabilité des institutions face à des manipulations venues de l’extérieur.
Pour l’heure, Jules Alingete, Mustafa Rawji et les autres concernés bénéficient pleinement de la présomption d’innocence et même d’un non-lieu de fait.
Lavés de tout soupcon, ces derniers jouissent encore pleinement de leur image de personnes crédibles et d’institutions fiables en RDC.
Gaetan Kuba
