Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu a lancé un appel à la vigilance à l’endroit des fidèles catholiques face aux discours des responsables politiques, lundi, lors de la messe de prémices de Mgr José Bernard Likolo, évêque de Lisala et administrateur apostolique de Budjala, célébrée à Bokungu, dans la province de la Tshuapa.
Dans son homélie, le prélat a dressé un tableau sombre de la situation du pays, estimant que la République démocratique du Congo traverse une période critique.
« Le pays est en péril. Si on n’y prête pas attention, notre pays risque de disparaître. Le pays est en danger », a-t-il déclaré.
Le cardinal a critiqué les priorités de la classe politique, dénonçant notamment le débat sur la révision de la Constitution alors que, selon lui, la population est confrontée à la pauvreté et à de multiples difficultés.
« À la misère de la population, la solution qu’ils nous proposent, c’est le changement de la Constitution. Et nous les acclamons. C’est une nouvelle forme d’esclavage », a-t-il affirmé.
Réitérant la position de l’épiscopat catholique, Fridolin Ambongo a insisté sur la nécessité d’un dialogue national inclusif pour sortir le pays de la crise.
« La solution pour notre avenir, pour le bien-être de l’ensemble du peuple congolais, c’est que nous nous mettions autour d’une table et que nous dialoguions. S’il n’y a pas de dialogue, il n’y a pas d’avenir pour notre pays. »
Le cardinal a également assuré que les évêques agissent sans rechercher des avantages personnels.
« Chers fidèles catholiques, retenez ceci : s’il y a quelqu’un qui aime ce pays, la RDC, ce sont nous, vos pères évêques, et non les politiciens qui recherchent leurs intérêts personnels en utilisant votre nom. Nous, évêques, ne cherchons ni l’argent ni des positions. Nous recherchons uniquement le bien du peuple congolais. Méfiez-vous des politiciens », a-t-il exhorté, estimant que les responsables politiques privilégient souvent leurs intérêts personnels.
Évoquant le bilan de plus de six décennies d’indépendance, il a regretté ce qu’il considère comme un échec collectif, marqué par l’insécurité, la misère, les attaques contre les églises et l’occupation d’une partie du territoire national.
Enfin, le cardinal Ambongo a réaffirmé son opposition à toute modification de la Constitution, rejetant les arguments selon lesquels une révision ou un troisième mandat constitueraient une solution aux difficultés du pays.
« Nous ne voyons ni nécessité ni opportunité de modifier la Constitution. Nous disons non au changement de notre Constitution », a-t-il conclu.
Rufus Lukanga
