Plus de soixante ans après l’assassinat de Patrice Émery Lumumba, l’espoir d’un procès pénal en Belgique s’est définitivement éteint avec le décès d’Étienne Davignon (93 ans), annoncé le 18 mai 2026.
Dernier présumé auteur encore en vie dans ce dossier historique, l’ancien diplomate et haut fonctionnaire belge était poursuivi pour crimes de guerre et assassinats dans l’affaire de la mort de Lumumba, ainsi que de Maurice Mpolo et Joseph Okito.
Le 17 mars dernier, la justice belge avait pourtant franchi une étape inédite en renvoyant Davignon devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Cette décision, saluée comme historique par les avocats de la famille Lumumba, ouvrait la voie à un procès longtemps attendu sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire postcoloniale entre la Belgique et la RDC.
Mais le décès du principal accusé entraîne automatiquement l’extinction de l’action publique, mettant ainsi un terme aux poursuites pénales engagées depuis plus de quinze ans. Pour les proches de Patrice Lumumba, cette disparition referme une possibilité judiciaire sans pour autant effacer les responsabilités historiques et politiques dénoncées depuis des décennies.
Les conseils de la famille, réunis au sein des cabinets Juscogens et de l’European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), ont annoncé leur intention de poursuivre le combat sur le terrain civil contre l’État belge.
« Le décès de Monsieur Davignon ne peut effacer la responsabilité juridique de la Belgique dans l’assassinat de Patrice Lumumba », a déclaré Wolfgang Kaleck, secrétaire général de l’ECCHR.
La famille Lumumba, qui n’a pas souhaité s’exprimer publiquement à ce stade, insiste néanmoins sur le fait que la disparition du dernier accusé « ne clôt pas le registre de l’Histoire ».
