« Qu’ils me condamnent à mort, je boirai l’acide comme Socrate. », a déclaré Constant Mutamba après avoir claqué la porte d’audience à la cour de cassation, pour cause, une incompréhension avec le juge auprès de qui il dénonçait un complot et l’arbitraire.
L’audience consacrée au dossier du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) s’est poursuivie ce lundi 27 juillet devant la Cour de cassation. L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi aux côtés de l’ancien coordonnateur du FRIVAO, Chancard Bukolela, pour des décaissements contestés de plusieurs millions de dollars, a comparu avant de quitter la salle d’audience en plein déroulement des débats.
Après avoir pris la parole devant les juges, Constant Mutamba mécontent du déroulement de l’audience, est sorti de la salle, entouré de ses avocats et de ses partisans.
À l’extérieur de l’enceinte de la Cour, il a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « système mafieux » et affirmé être victime d’un acharnement politique.
Selon lui, un réseau se serait organisé pour obtenir sa condamnation et son arrestation de manière « injuste et illégale ». Il a également évoqué son hospitalisation de dix mois, affirmant que le dossier FRIVAO avait déjà été clôturé avant d’être relancé pour des motivations politiques.
L’ancien garde des Sceaux soutient que cette affaire a été réactivée après qu’une partie de la population a réclamé sa libération lors de l’accueil des Léopards, organisé par le président Félix Tshisekedi au Palais du Peuple après leur qualification pour la Coupe du monde.
Il affirme détenir des éléments audio qui, selon lui, démontreraient l’existence d’un complot visant à le poursuivre.
Lors de l’audience précédente, Constant Mutamba avait déjà contesté la procédure. Il avait déclaré n’avoir « jamais vu ni reçu un greffier, encore moins un colonel » sur son lit d’hôpital et soutenu n’avoir jamais reçu de notification régulière.
Le ministère public rejette ces affirmations. Il maintient qu’une audition préjuridictionnelle a bien été organisée alors que l’ancien ministre était hospitalisé et estime que la procédure a été régulièrement menée.
Le procès se poursuit devant la Cour de cassation, qui devra examiner les différents moyens soulevés par les parties avant de se prononcer sur le fond du dossier.
Rufus Lukanga
