Candidate au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour le mandat 2027-2030, Juliana Lumumba a présenté, le 30 juin à Paris, sa vision de l’avenir de l’organisation devant les ministres des Affaires étrangères des États membres réunis à l’occasion de la 47ᵉ session extraordinaire de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF).
Cette session restera marquée par une innovation majeure dans l’histoire de l’organisation. Pour la première fois depuis la création de l’OIF il y a 56 ans, les quatre candidats à la fonction de Secrétaire générale ont été soumis à une audition officielle, suivie d’un échange de questions-réponses avec les délégations des États membres.
Le futur dirigeant de l’organisation sera élu lors du 20ᵉ Sommet de la Francophonie, prévu en novembre prochain à Phnom Penh, au Cambodge.
Face aux ministres et aux membres du jury, Juliana Lumumba a plaidé pour une Francophonie davantage connectée aux réalités des populations. Elle a affirmé vouloir bâtir une organisation capable de répondre aux attentes concrètes des citoyens, de renforcer les capacités locales et d’associer les jeunes, les femmes, les collectivités territoriales ainsi que les diasporas à la définition des priorités.
Selon elle, la Francophonie doit dépasser le simple cadre de la coopération entre États pour devenir une véritable communauté mondiale de solidarité, d’intelligence collective, d’innovation et de paix.
Elle estime également que l’organisation doit accroître son influence sur la scène internationale en coordonnant davantage les positions de ses membres dans les instances multilatérales et en mobilisant de nouveaux partenaires publics et privés afin de soutenir ses ambitions.
La candidate a également insisté sur le rôle politique de l’OIF, appelant à une vigilance démocratique impartiale, à une prévention active des crises ainsi qu’à un engagement constant en faveur des droits humains et de la sécurité humaine.
Au cœur de son projet figure la jeunesse, qu’elle considère comme le principal moteur de l’avenir de l’espace francophone. Rappelant que près de 65 % des francophones vivent en Afrique, un continent à la population particulièrement jeune, Juliana Lumumba a fait de l’éducation, de la formation professionnelle, de la mobilité académique et de l’innovation numérique des priorités stratégiques.
Parmi les engagements qu’elle a présentés figure la création d’une Biennale des rencontres interculturelles francophones. Cette initiative réunirait notamment un sommet des cultures francophones, un marché mondial des industries culturelles et créatives, une exposition des arts francophones, un salon des innovations numériques et technologiques ainsi qu’un festival consacré aux patrimoines culinaires et aux traditions populaires.
Juliana Lumumba a également défendu la valorisation des « langues sœurs » de la Francophonie, citant notamment le lingala, le swahili, le bambara, le khmer, le monégasque, le créole ou encore le néerlandais. Selon elle, la promotion des langues nationales et locales ne constitue pas une menace pour le français, mais contribue au contraire à renforcer son rôle de langue de dialogue, de savoir et d’innovation entre les peuples.
Enfin, la candidate a mis l’accent sur la réduction de la fracture numérique, qu’elle considère comme un enjeu majeur pour le développement des États francophones. Elle a plaidé pour un accès élargi aux outils numériques afin de favoriser la formation des jeunes et de renforcer l’éducation de base, notamment celle des jeunes filles vivant dans les zones les plus éloignées.
À ses yeux, les technologies numériques constituent un levier essentiel pour améliorer l’accès à l’instruction et promouvoir une éducation plus inclusive dans l’ensemble de l’espace francophone.
Rufus Lukanga
