Face à la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo, le gouvernement congolais et la MONUSCO veulent renforcer le dispositif sécuritaire autour des structures sanitaires et des équipes engagées dans la riposte.
Cette question a été au cœur d’une réunion stratégique organisée samedi 23 mai à Kinshasa par le vice-Premier ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo, en présence des gouverneurs du Nord-Kivu et de l’Ituri ainsi que d’une délégation de la MONUSCO conduite par James Swan.
Les échanges ont porté sur les mesures à prendre pour sécuriser les centres de traitement Ebola dans des zones fragilisées par les violences armées et les tensions communautaires.
Des centres de traitement pris pour cible
Ces derniers jours, plusieurs incidents ont illustré la vulnérabilité des installations sanitaires dans les provinces touchées par l’épidémie.
Le 21 mai, un centre d’isolement Ebola situé à l’hôpital général de référence de Rwampara, près de Bunia, a été incendié lors d’une manifestation. Des patients admis dans cette structure ont quitté les lieux dans la confusion.
Deux jours plus tard, dans le territoire de Djugu en Ituri, des inconnus ont mis le feu à des installations dédiées à la riposte contre Ebola à l’hôpital général de référence de Mongwalu. Treize patients ont pris la fuite après cette attaque.
Ces actes de vandalisme inquiètent les autorités, qui craignent une aggravation de la propagation de la maladie dans les zones déjà instables.
La MONUSCO promet son accompagnement
Prenant part à cette rencontre, James Swan a assuré que la MONUSCO restera aux côtés du gouvernement congolais pour soutenir les efforts de sécurisation de la riposte sanitaire.
Selon lui, la lutte contre Ebola exige une approche globale associant experts de santé et acteurs sécuritaires afin de garantir la protection des populations et du personnel médical.
Une crise sanitaire sur fond d’insécurité
Dans l’Est de la RDC, la résurgence d’Ebola intervient dans un contexte marqué par la persistance des groupes armés et des déplacements de populations.
Pour les autorités congolaises, la maîtrise de l’épidémie dépend désormais autant des capacités médicales que de la stabilisation sécuritaire des zones affectées.
Le gouvernement et ses partenaires misent ainsi sur une coordination renforcée pour éviter une détérioration de la situation sanitaire dans les provinces touchées.
