La République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape diplomatique en assurant la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. Une responsabilité que Kinshasa place sous le signe de la paix, de la justice, du développement et du renforcement du multilatéralisme, à travers la devise : « Plus de paix, plus de justice, plus de développement et plus de multilatéralisme ».
Présidant mercredi un débat public de haut niveau consacré aux violences sexuelles liées aux conflits, la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka a porté la voix de la RDC devant les membres du Conseil de sécurité.
Elle a dénoncé l’ampleur persistante de ce fléau, estimant que ces violences ne peuvent plus être considérées comme de simples conséquences indirectes des guerres.
Selon la cheffe du gouvernement congolais, les violences sexuelles en période de conflit constituent plutôt une « méthode » utilisée par certains groupes armés pour semer la terreur, provoquer des déplacements forcés des populations et détruire le tissu social des communautés.
S’appuyant sur le rapport présenté par Pramila Patten, qui fait état d’une augmentation préoccupante des cas vérifiés à travers plusieurs zones de conflit, Judith Suminwa a établi un lien entre ces crimes et la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Elle a notamment évoqué l’occupation de certaines zones du territoire congolais par des groupes armés ainsi que l’implication présumée de forces étrangères, citant le Rwanda, dans la déstabilisation de la région.
Pour Kinshasa, ces violences sont également liées aux réseaux économiques illicites qui entretiennent les conflits autour de l’exploitation des ressources naturelles.
Face à cette situation, la Première ministre a rappelé les initiatives mises en place par les autorités congolaises sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, notamment le Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits (FONAREV), destiné à accompagner et réparer les préjudices subis par les victimes.
À travers cette présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, Kinshasa entend ainsi faire de la question des violences sexuelles liées aux conflits un enjeu international majeur et plaider pour une réponse fondée sur la justice, la protection des victimes et la prévention des crimes de guerre.
