À l’occasion du 20ᵉ anniversaire de la Constitution de la République démocratique du Congo, le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle refait surface sur la scène politique nationale. La question a été évoquée lors d’un colloque scientifique organisé le mercredi 25 février 2026 au Pullman Kinshasa à l’initiative de de la Fondation Konrad Adenauer.
Prenant la parole lors de cette rencontre, le professeur André Mbata a affirmé que la Constitution actuellement en vigueur n’est pas immuable. Selon lui, aucune Constitution au monde n’est figée ni intouchable.
« La Constitution actuelle n’est pas immuable. Aucune Constitution au monde ne peut être considérée comme définitivement irréformable », a-t-il soutenu devant les participants.
Pour ce constitutionnaliste, toute loi fondamentale doit pouvoir évoluer en fonction des réalités politiques, sociales et institutionnelles du pays.
L’opposition, pas du même avis
Cette position ne fait cependant pas l’unanimité au sein de la classe politique. L’opposition s’est montrée critique face à l’idée d’une modification de la Constitution.
Devos Kitoko, membre de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), s’est opposé à cette perspective, estimant que le contexte politique actuel ne se prête pas à un tel débat.
« Quelle est la disposition constitutionnelle qui empêche aujourd’hui le gouvernement d’améliorer les conditions de vie des Congolais ? », s’est-il interrogé, estimant que la priorité devrait être la réponse aux besoins sociaux de base.
Selon lui, la priorité devrait être l’application stricte des dispositions constitutionnelles existantes plutôt qu’une révision susceptible de raviver les tensions politiques.
Par ailleurs, d’autres partis de l’opposition, notamment le FCC, Ensemble pour la République et le LGD, ont brusquement quitté la salle. Ces derniers ont justifié leur retrait en reprochant aux organisateurs l’absence de véritables « décideurs » et de garanties sur l’impact réel de ce débat scientifique sur les futures décisions politiques.
Un débat sensible
Vingt ans après son adoption, la Constitution congolaise continue de susciter des discussions passionnées. Si certains estiment qu’elle doit évoluer avec le temps, d’autres redoutent que toute révision n’ouvre la voie à des modifications controversées.
Le débat reste donc ouvert, dans un climat politique marqué par la méfiance et la vigilance des différents acteurs.
Rufus Lukanga
