Alors que le débat sur une éventuelle suspension de TikTok en RDC prend de l’ampleur avec la déclaration du président du CSAC, christian Bosembe, le gouvernement privilégie la régulation et la responsabilisation des utilisateurs. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a lors du briefing presse tenu ce jeudi, mis en garde contre les insultes et les dérives en ligne, tout en excluant une fermeture générale de la plateforme.
Questionné sur ce dossier, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a clairement écarté l’idée de pénaliser l’ensemble des utilisateurs de TikTok en raison des dérives observées chez certains internautes.
Selon le porte-parole du gouvernement, une fermeture de la plateforme porterait préjudice à de nombreux Congolais qui l’utilisent de manière intelligente.
« Fermer TikTok, ce serait pénaliser tous ceux qui l’utilisent intelligemment et gagnent leur vie dignement », a-t-il déclaré.
Le ministre appelle plutôt à une responsabilisation des acteurs du numérique.
Patrick Muyaya a également dénoncé la montée des insultes et de la violence verbale sur les réseaux sociaux. Pour lui, les plateformes numériques ne doivent pas devenir des espaces où l’invective prend le dessus sur le débat démocratique.
« Les réseaux sociaux ne devraient jamais constituer un espace où l’insulte remplace l’argument », a-t-il insisté, appelant les internautes à exprimer leurs désaccords sans porter atteinte à la dignité des autres.
Le ministre a rappelé que la liberté d’expression constitue un droit, mais qu’elle ne dispense pas les citoyens de leurs responsabilités. Il a notamment mis en garde les personnes qui utilisent l’anonymat ou de faux comptes pour diffuser des propos haineux, des insultes ou des contenus susceptibles de porter atteinte aux autres.
« Si vous pensez que vous allez éternellement vous dissimuler, la justice vous atteindra », a averti Patrick Muyaya.
La protection des enfants au cœur des préoccupations
Le gouvernement entend également renforcer la protection des enfants face aux contenus jugés violents, inappropriés ou dangereux circulant sur les réseaux sociaux.
« Nous avons l’obligation de protéger nos enfants et c’est à l’État de le faire », a déclaré le ministre, laissant entendre que des mesures spécifiques pourraient être prises pour mieux encadrer l’accès des mineurs aux contenus numériques.
Alors que le président du CSAC, Christian Bosembe, s’est prononcé en faveur d’une suspension de la plateforme, Patrick Muyaya défend une approche différente : lutter contre les abus sans priver l’ensemble des utilisateurs de l’outil.
Le gouvernement annonce ainsi le renforcement de la régulation des contenus numériques et la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation afin de promouvoir un usage plus responsable des réseaux sociaux.
