Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé, ce jeudi 27 août 2026, des mesures conservatoires visant onze établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire implantés à Goma et Bukavu. Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’occupation de ces zones et l’intervention de l’AFC/M23 dans le fonctionnement de certaines institutions académiques.
À travers un communiqué du ministère de la Communication et des Médias, Kinshasa dénonce notamment le remplacement de comités de gestion régulièrement établis ainsi que la désignation irrégulière de responsables dans certaines institutions universitaires.
Le Gouvernement précise que les mesures prises sont temporaires et ciblées. Elles doivent permettre de préserver les parcours des étudiants et la reconnaissance de leurs diplômes, tout en préparant leur orientation vers des établissements habilités à fonctionner conformément aux lois de la République.
Aucun étudiant ne devra reprendre son cursus
Kinshasa rassure les étudiants et leurs familles : ces décisions ne constituent pas une fermeture de l’enseignement supérieur dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Elles ne signifient pas non plus un abandon des apprenants vivant dans les territoires occupés.
Les crédits et acquis académiques obtenus dans les conditions régulières seront maintenus. Aucun étudiant ne sera contraint de recommencer son parcours universitaire depuis le début.
Le Gouvernement affirme que la situation fera l’objet d’une évaluation permanente, notamment en fonction de l’évolution sécuritaire et du rétablissement de l’ordre institutionnel dans les établissements concernés.
« Une université congolaise ne peut devenir un butin de guerre »
Pour Kinshasa, l’occupation d’une partie du territoire national ne donne aucune légitimité au Rwanda ou à l’AFC/M23 pour exercer des responsabilités administratives ou académiques dans les institutions congolaises.
Le Gouvernement considère que les comités de gestion régulièrement investis restent les seules autorités habilitées à engager les établissements concernés. Il insiste également sur la nécessité de préserver l’autonomie universitaire et la valeur des diplômes délivrés.
Sur le plan juridique, Kinshasa s’appuie notamment sur les dispositions de la Constitution, la Loi-cadre sur l’enseignement national, les instruments internationaux relatifs au droit à l’éducation ainsi que les standards de l’UNESCO sur l’autonomie universitaire et la liberté académique.
Les enseignants rassurésLe Gouvernement affirme également maintenir la prise en charge des enseignants régulièrement reconnus par l’État, y compris ceux qui ont été déplacés ou empêchés d’exercer en raison du conflit.
Les situations individuelles impliquant une éventuelle collaboration avec l’AFC/M23 seront, précise-t-il, examinées au cas par cas, conformément aux procédures légales et dans le respect des droits de la défense.
