Plus de 72 heures après la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda aux Etats-Unis, il s’observe aucun changement sur terrain. Les balles et les bombes ont encore violemment fauchés des vies ce week-end, alors que les termes de l’accord sont pourtant clairs comme l’avait dit le président américain Donald TRUMP : la paix immédiatement.
On pouvait le deviner rien qu’en observant les visages graves des deux présidents voisins congolais et rwandais. Un accord de paix sans poignée de main ne présageait aucune facilité dans la mise en œuvre sur terrain.
Deux salles, deux ambiances, de retour à Kinshasa, le président congolais s’est offert un bain de foule le long des routes, contraint de saluer la population depuis le toit ouvrant de sa jeep comme le pape à Rome.
Paul KAGAME plus sobre a donné à la consommation populaire son interview à Al jazzera affirmant que le niveau d’attention accordé par les États-Unis à la résolution du conflit n’avait « jamais été autant élevé ». Seulement, il reste sceptique quant à la fiabilité du président congolais de tenir parole. Et comme un signe sur terrain ce weekend, les combats se sont gravement intensifiés dans la province du Sud-Kivu, des images horribles circulent sur les réseaux sociaux où on peut voir des cadavres étalés sur le bitume au milieu des populations en train de se déplacer massivement.
Les forces armées de la république démocratique du Congo ont officiellement communiqué à ce sujet faisant savoir que l’ennemi a multiplié des bombardements à partir de BUGARAMA au Rwanda, visant les localités congolaises densément peuplées situées sur l’axe KAMANYOLA-UVIRA, dans la plaine de Ruzizi.
Longtemps, la signature de cet accord de paix ou encore de coopération avec les Etats-Unis pour la paix, laissé entrevoir qu’une aide militaire conséquente de la super puissance américaine interviendrait pour mettre fin à ce cycle interminable de violence. Mais comme au lendemain de Kenya, l’Angola et le Qatar précédemment, la population continue de payer le tribu le plus lourd.
Christopher Otshokum
