Le président sortant de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle avec 94,82 % des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires annoncés mardi 17 mars par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou.
Avec un total de 2 507 038 voix, cette victoire sans surprise lui assure un cinquième mandat à la tête du pays, qu’il dirigera théoriquement jusqu’en 2031, sous réserve de validation des résultats par la Cour constitutionnelle.
Selon les autorités, le taux de participation s’élève à 84,65 %. Toutefois, sur le terrain, plusieurs observateurs et journalistes ont constaté une affluence limitée dans les bureaux de vote, notamment à Brazzaville, où le scrutin s’est déroulé dans un climat marqué par un important dispositif sécuritaire.
Le jour du vote, la circulation des véhicules avait été interdite et les commerces fermés. Des forces de défense et de sécurité ont été massivement déployées dans les rues de la capitale, tandis que l’accès à Internet a été coupé à l’échelle nationale, compliquant l’évaluation indépendante de la participation.
Durant la campagne électorale, le président sortant a parcouru le pays, soutenu par son parti, le Parti congolais du travail (PCT), dans un contexte où plusieurs observateurs redoutaient une forte abstention. Les principaux partis d’opposition ont d’ailleurs boycotté le scrutin, dénonçant des conditions ne garantissant pas, selon eux, une élection libre et transparente.
Parmi les figures majeures de l’opposition, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa restent incarcérés, après avoir été condamnés à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État.
Âgé de 82 ans, Denis Sassou-Nguesso cumule plus de quatre décennies au pouvoir. Il a dirigé le pays une première fois entre 1979 et 1992, avant de revenir à la tête de l’État en 1997 à l’issue d’une guerre civile.
Sa nouvelle réélection relance déjà les interrogations sur sa succession, la Constitution actuelle ne lui permettant en principe pas de briguer un nouveau mandat en 2031.
Dans un pays riche en hydrocarbures mais confronté à de nombreux défis économiques et sociaux, les attentes de la population restent élevées.
Rufus Lukanga
