À Beni, le forum de paix sur la problématique des ADF s’est clôturée jeudi. Pendant trois jours, différents acteurs sociopolitiques, militaires et sécuritaires nationaux et étrangers ont réfléchi sur les stratégies, les causes de persistance des massacres dans la zone.
C’est le président de l’Assemblée nationale qui a clôturé les assises, en présence du chef d’Etat-major général adjoint des FARDC et des membres de la MONUSCO.
À l’issue des échanges, Aimé Boji a pris l’engagement solennel de veiller à la transformation effective des résolutions adoptées en actions concrètes sur le terrain. Organisé dans un contexte sécuritaire encore fragile, ce forum a réuni des autorités politico-administratives, des leaders communautaires, des représentants de la société civile ainsi que des acteurs sécuritaires.
Les discussions ont porté sur la restauration de l’autorité de l’État, le renforcement de la cohésion sociale et la protection des populations civiles.
« Il ne s’agit pas seulement de formuler des vœux pieux, mais de traduire ces résolutions en propositions de lois, en mécanismes de contrôle parlementaire et en actions gouvernementales concrètes », a-t-il déclaré.
La ville de Beni demeure l’une des zones les plus affectées par les violences armées dans la province du Nord-Kivu. Face à cette réalité, les participants ont insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux des engagements pris, notamment en matière de sécurité, de justice pour les victimes et de développement local.
Plusieurs résolutions phares ont été adoptées, parmi lesquelles le renforcement des moyens alloués aux forces de défense et de sécurité, l’accélération des programmes de désarmement et de réinsertion, ainsi que l’intensification du dialogue intercommunautaire.
Le président de l’Assemblée nationale, aimé Boji a également promis d’instaurer un mécanisme d’évaluation périodique afin de mesurer l’état d’avancement de la mise en œuvre des recommandations. Une commission parlementaire pourrait être mise à contribution pour assurer un contrôle régulier de l’action gouvernementale dans la région.
Pour les habitants de Beni, longtemps éprouvés par les conflits, ce forum suscite un espoir prudent. Beaucoup attendent désormais des actes concrets et visibles, capables d’améliorer durablement la sécurité et les conditions de vie.
Ce forum de paix s’inscrit dans une dynamique nationale visant à ramener la stabilité dans l’est du pays, où les défis sécuritaires restent nombreux. Reste à savoir si les engagements pris se traduiront rapidement en changements tangibles sur le terrain.
Rufus Lukanga
