Un nouveau drame secoue l’est de la République démocratique du Congo. Ce mardi 3 mars, un glissement de terrain a frappé le site minier de Rubaya, dans le secteur de Kasasa (territoire de Masisi), entraînant un bilan provisoire de plus de 200 morts selon des sources locales, et faisant craindre encore davantage de victimes sous les décombres.
L’accident s’est produit en fin d’après-midi sur le site artisanal où des centaines de creuseurs s’affairent quotidiennement à l’extraction de coltan — un minerai essentiel à la fabrication de composants électroniques ainsi que de cassitérite et d’autres ressources.
Parmi les victimes figurent non seulement des mineurs, mais aussi des petits commerçants qui vendaient nourriture, eau ou outils aux travailleurs.
Sur place, les opérations de recherche se poursuivent dans des conditions difficiles, les familles cherchant désespérément des nouvelles de leurs proches, certains toujours portés disparus sous des tonnes de terre. L’accès à l’information reste toutefois restreint et quelques témoins affirmant avoir filmé l’accident auraient été interpellés, selon des habitants.
Ce nouvel éboulement survient à peine un mois après un accident encore plus meurtrier au même endroit : le 28 janvier dernier, un glissement de terrain dans cette même zone avait coûté la vie à plusieurs personnes selon des bilans officiels, faisant de cet endroit l’un des sites miniers les plus dangereux du pays.
La mine de Rubaya est contrôlée par le groupe armé rebelle Afc/M23, qui impose des taxes sur l’extraction de coltan et tire des revenus importants de cette activité.
Le manque de régulation, l’exploitation artisanale sans normes de sécurité et les terrains fragilisés par des années d’excavations rendent ces sites extrêmement dangereux.
Ce nouveau drame met en lumière les conditions périlleuses de ces sites miniers au cœur d’un conflit qui dure depuis des décennies dans l’est de la RDC.
