La République démocratique du Congo intensifie ses démarches diplomatiques pour obtenir le soutien à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
À quelques mois du scrutin prévu en novembre 2026 à Phnom Penh, Kinshasa multiplie les contacts avec les États membres disposant du droit de vote.
Parmi les soutiens publics déjà enregistrés figure celui du Gabon. Lors de la visite du président Félix-Antoine Tshisekedi à Libreville, le 15 août 2026, son homologue gabonais Brice-Clotaire Oligui Nguema aurait assuré la partie congolaise du « soutien total » de son pays à la candidature de Juliana Amato Lumumba.
Le Cap-Vert fait également partie des pays ayant été approchés par Kinshasa. Le 6 avril dernier à Praia, le président José Maria Neves avait reçu le ministre congolais Crispin Mbadu.
Les échanges avaient notamment porté sur la candidature congolaise et sur la vision d’une « Francophonie des peuples ».
Du côté de Kinshasa, le gouvernement congolais avait officiellement endossé la candidature de Juliana Amato Lumumba le 26 février 2026, confirmant ainsi sa volonté de porter une candidature congolaise à la tête de l’organisation.
Une offensive diplomatique en cours
Au-delà des soutiens déjà rendus publics, la RDC poursuit son offensive diplomatique auprès de plusieurs capitales.
Au Tchad, Kinshasa a sollicité le président Mahamat Idriss Déby Itno le 6 mai dernier.En Europe, plusieurs démarches ont également été entreprises.
Juliana Amato Lumumba a été reçue le 25 juin par le vice-Premier ministre belge Maxime Prévot. Le 4 août, le ministre Crispin Mbadu s’est entretenu à Kinshasa avec l’ambassadeur de France, Rémi Maréchaux, afin de présenter les principaux axes du projet congolais et de solliciter l’appui de Paris.
La RDC a également ciblé le Luxembourg, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Suisse. À Berne, une délégation conduite par Crispin Mbadu a notamment mis en avant le rôle de la Suisse dans la médiation internationale et sa capacité d’influence au sein de l’espace francophone.
À Ottawa, le 21 avril, le ministre congolais a mené des démarches auprès de parlementaires du groupe d’amitié Canada-RDC ainsi que de membres du gouvernement canadien.
L’Afrique et l’Asie dans le viseur de Kinshasa
La campagne congolaise ne se limite pas à l’Europe et à l’Amérique du Nord. Une tournée visant plusieurs pays d’Afrique du Nord, notamment la Tunisie, le Maroc et l’Égypte, est également envisagée.
Kinshasa entend par ailleurs mobiliser les pays d’Asie-Pacifique. Le Cambodge, pays hôte du prochain Sommet de la Francophonie, ainsi que le Laos et le Vietnam figurent parmi les États ciblés par la campagne congolaise.
Une tournée dans cette région est annoncée pour le début de l’automne, à l’approche du scrutin.
Un scrutin très disputé
L’élection du prochain Secrétaire général de la Francophonie doit se tenir en novembre 2026, à Phnom Penh, à l’occasion du XXe Sommet de la Francophonie. Le scrutin constitue un enjeu diplomatique important pour la RDC, qui cherche à faire valoir son poids démographique et politique au sein de l’espace francophone.
Le corps électoral est constitué des États et gouvernements membres disposant du droit de vote. Toutefois, la composition effective de l’électorat pourrait être influencée par les suspensions décidées par les instances de l’OIF à l’encontre de certains pays.Le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Guinée figurent notamment parmi les pays concernés par ces mesures. Leur participation au vote dépendra d’une éventuelle levée des sanctions avant le Sommet de Phnom Penh.
À l’approche de cette échéance, la bataille diplomatique s’annonce donc intense. Pour Kinshasa, chaque soutien compte dans la course à la direction de l’OIF, tandis que les différentes candidatures devront convaincre les États habilités à prendre part au scrutin.
