La tension est montée d’un cran ce mercredi à Kinshasa, où des médecins non primés ont organisé une mobilisation devant l’Immeuble Intelligent pour exiger le respect des engagements pris par le gouvernement dans le cadre de l’accord de Bibwa signé en 2022.
Selon les organisateurs, près de 5 800 médecins exerçant dans des structures sanitaires publiques ne perçoivent ni salaire ni prime de risque, malgré leurs prestations quotidiennes dans les hôpitaux de l’État.
Les manifestants réclament notamment l’alignement de la prime de risque à 1,8 million de francs congolais, conformément aux accords conclus avec les autorités.
Des images largement diffusées sur les réseaux sociaux montrent des médecins en blouse blanche rassemblés sur le site, avant l’intervention des éléments de la Police nationale congolaise.
Les forces de l’ordre ont utilisé des canons à eau pour disperser les manifestants, une scène qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique. À ce stade, aucun bilan officiel n’a été communiqué sur cette intervention.
Selon un médecin gréviste, les revendications vont bien au-delà de la seule question de la prime de risque. Il dénonce notamment le non-paiement de la paie complémentaire depuis février 2026, le non-alignement de plusieurs centaines de médecins à la prime de risque, l’absence de mécanisation de plus de 1 000 praticiens ainsi que le blocage des promotions en grade pour des médecins recrutés depuis plus de quinze ans.
Les professionnels de santé affirment que ces différents points figurent parmi les engagements pris par le gouvernement dans plusieurs procès-verbaux et accords, dont celui de Bibwa. Ils appellent les autorités à honorer leurs promesses afin d’améliorer les conditions de travail des médecins et d’assurer un fonctionnement normal des établissements publics de santé.
Rufus Lukanga
